LE MASSACRE D'AGHDABAN EN 1992: UN AUTRE CRIME DU NATIONALISME ARMENIEN CONTRE L'HUMANITE

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8 Avril 2026 10:02
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LE MASSACRE D'AGHDABAN EN 1992: UN AUTRE CRIME DU NATIONALISME ARMENIEN CONTRE L'HUMANITE

Par Zulfugar Ibrahimov

Le massacre d’Aghdaban s’inscrit dans la continuité du génocide perpétré à Khodjaly. Dans la nuit du 7 au 8 avril 1992, des formations armées arméniennes ont massacré les habitants du village d’Aghdaban, dans le district de Kelbadjar. Les 130 foyers du village ont été incendiés, 779 civils ont été soumis à des tortures inhumaines et 67 d’entre eux ont été tués. Huit personnes âgées de 90 à 100 ans, deux enfants et sept femmes ont été brûlés vifs. Douze autres personnes ont été gravement blessées et le sort de deux d’entre elles reste inconnu à ce jour.

Les survivants d’Aghdaban ont raconté qu’avant la tragédie, les Arméniens avaient transporté des armes vers le village. Bien que la région n’ait pas encore été occupée, les habitants, sans assistance extérieure, ont tenté d’organiser eux-mêmes leur défense en installant des postes de surveillance. Cela n’a toutefois pas suffi face à l’attaque massive des forces arméniennes, menée tôt le matin du 8 avril. Le chef des assaillants, Robert Kotcharian, connu pour ses précédentes opérations contre la population civile du Haut-Karabagh, dirigeait cette opération.

Les forces arméniennes ont semé l’enfer à Aghdaban, infligeant blessures, tortures et humiliations, y compris sur les cadavres. Des témoins ont rapporté des actes de cruauté indescriptibles : des personnes âgées brûlées dans leurs maisons verrouillées, une fillette de six ans enterrée vivante dont les cris ont continué d’être entendus avant de s’éteindre, et des personnes fragiles exécutées à bout portant.

Lors de l’attaque, une part importante du patrimoine culturel a été détruite : les vandales arméniens ont brûlé des manuscrits d'un grand maître de la poésie classique azerbaïdjanaise, Ashug Gourban, et de son fils Ashug Shamshir. Dix-sept membres de la famille Shamshir ont également été tués.

Au début du mois d’avril 1993, le district de Kelbadjar (à l’ouest de l’Azerbaïdjan) a été occupé par les forces armées arméniennes.

Devant l’évidence, on n’a pas tardé à qualifier cette tragédie sur le plan juridique et politique, jugeant les événements d’Aghdaban comme figurant parmi les « plus grand crimes commis contre l’humanité » et les considérant comme une « honte pour le genre humain ».

Au regard de la nature et du caractère du crime, le massacre d’Aghdaban relève pleinement de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1948. Cependant, comme pour le génocide de Khodjaly, cette tragédie est restée largement ignorée par la communauté internationale. En avril 2014, des déplacés du district de Kelbadjar ont adressé un appel au Conseil de Sécurité de l’ONU concernant les massacres d’Aghdaban, de Tchaygovushan et de Bashlybel, sans réaction.

Les formations armées arméniennes ciblaient principalement les villages isolés ou situés à proximité de villages arméniens, relevant de leurs intérêts tactiques. Au début de la guerre de 1992-1994, le secteur de Kelbadjar n’était pas prioritaire pour les forces arméniennes, ce qui explique la rareté des informations dans les médias. La première tentative de capture du village d’Aghdaban par les forces arméniennes a été signalée le 28 mars 1992, mais repoussée par les défenseurs du village.

Le massacre d’Aghdaban : le souvenir d’un crime contre l’humanité

Le 8 avril 1992, à 5h00 du matin, des combattants arméniens issus du district d’Aghdere ont commencé à bombarder le village d’Aghdaban, situé dans le district de Kelbadjar en Azerbaïdjan. Selon les premières informations, vers 6h30, environ 600 assaillants ont pris le contrôle du village et l’ont entièrement incendié.

Lors des combats, neuf défenseurs armés du village ont été tués et plusieurs autres blessés. Les habitants, principalement des femmes et des enfants, ont été pris en otage, tandis que les hommes et adolescents restants ont été exécutés. Les premières données ont été ensuite précisées : 34 défenseurs tués, environ 25 blessés, et plus de 100 villageois et combattants du bataillon d’autodéfense capturés comme otages. Dans la matinée du 9 avril, les otages ont été emmenés vers les villages de Chardakhly et Aterk. Les assaillants ont également saisi les équipements et armes du village. Plusieurs centaines d’habitants restaient introuvables, probablement cachés ou également capturés.

Les investigations ultérieures ont révélé que 779 civils avaient été torturés, 67 avaient été tués et portaient des marques de cruauté, dont huit personnes âgées de 90 à 100 ans, deux enfants et sept femmes brûlés vifs. Deux autres personnes restent portées disparues et des dizaines de civils ont été gravement blessés.

Les assaillants ont également détruit le patrimoine historique, architectural et culturel du village, profané et détruit des sanctuaires et des tombes.

En janvier 2022, lors d’une visite à Gandja, le président Ilham Aliyev a rappelé : « La guerre est terminée. Oui, nous parlons de paix. Mais nous ne devons jamais oublier les atrocités des Arméniens, le fascisme arménien. Nous ne devons pas oublier les victimes de Khodjaly, ni celles de Gandja et d’autres villes. En s’inclinant devant leur mémoire sacrée, nous affirmons que leur sacrifice n’a pas été vain. Et nous, peuple victorieux, État victorieux, avons vaincu le fascisme arménien. Nous devons faire en sorte qu’il ne se relève jamais. »

À l’occasion de l’anniversaire du massacre d’Aghdaban, l’Azerbaïdjan réaffirme sa position: le nationalisme arménien ne pourra plus se relever. Robert Kotcharian, responsable de ces crimes et aujourd’hui candidat à la présidence de l’Arménie, doit savoir que la justice rattrapera tôt ou tard ceux qui ont commis de telles atrocités.