L’Ouzbékistan prévoit de porter sa production annuelle d’uranium à 15 000 tonnes d’ici à 2030, contre 7 500 tonnes en 2026. Le pays ambitionne également de dépasser les 2,7 milliards de dollars de production pour 16 catégories de matières premières critiques. Ces objectifs ont été examinés jeudi par le président Chavkat Mirzioïev, lors d’une réunion consacrée aux perspectives de développement des secteurs minier et de transformation du pays.
Selon le service de presse de la présidence, ces objectifs ont été présentés à l’occasion de l’examen des priorités pour 2026 et des perspectives de développement à plus long terme de Navoiuran, entreprise publique spécialisée dans la production d’uranium, et de l’Usine ouzbèke des métaux technologiques.
La présentation a notamment mis en évidence la progression de la demande mondiale en minerais et métaux critiques. Alors que la demande de métaux traditionnels augmente en moyenne de 1 % par an, le marché des matières premières critiques connaît une croissance annuelle d’environ 10 %, selon les données communiquées.
À l’Usine ouzbèke des métaux technologiques, la priorité consiste à mettre en place une chaîne de production intégrée couvrant l’ensemble des étapes, depuis l’exploration géologique et l’extraction minière jusqu’au traitement des minerais, au raffinage avancé et à la fabrication de produits finis.
L’entreprise prévoit de lancer 12 projets d’investissement d’ici à la fin de 2026, d’élargir sa gamme de produits fabriqués localement et d’accroître la production de sélénium et de tellure de haute pureté.
Chavkat Mirzioïev a demandé aux responsables d’accélérer la réalisation des projets liés aux minerais critiques et de diversifier davantage la production nationale. Outre les cinq catégories de produits déjà fabriquées - tungstène, molybdène, sélénium, tellure et rhénium - l’Ouzbékistan entend développer la production d’autres minerais critiques, notamment le nickel, le cobalt, le graphite, l’antimoine, l’étain, le manganèse, le platine, le vanadium, le mercure et le cuivre.
Selon les objectifs fixés par le pays, la valeur de la production annuelle de ces 16 catégories de matières premières critiques devrait dépasser 2,7 milliards de dollars d’ici à 2030.
Une attention particulière a été accordée aux projets de transformation du tungstène. L’Ouzbékistan prévoit d’y attirer 1,1 milliard de dollars d’investissements et de porter la valeur de sa production à près de 2,2 milliards de dollars à l’horizon 2030. La présentation a également porté sur la mise en valeur de gisements contenant des éléments rares et des terres rares, le renforcement de la base de ressources de l’usine et l’accélération des projets d’investissement.
Par ailleurs, le président a examiné les résultats de production et les projets de développement de Navoiuran, dans un contexte de hausse de la demande mondiale d’uranium. Selon les données présentées, la demande en matières premières uranifères a progressé de 15 à 20 % ces dernières années et devrait augmenter de 28 % supplémentaires d’ici à 2030.
Pour accroître sa production, l’entreprise prévoit d’intensifier les travaux d’exploration géologique et de forage technologique, de développer ses infrastructures de production, de mettre en service des unités supplémentaires de sorption et de créer 250 nouveaux emplois en 2026.
La question de l’approvisionnement en réactifs chimiques nécessaires à la production d’uranium a également été abordée. Des mesures sont à l’étude pour renforcer la coopération avec les entreprises industrielles nationales et accroître les livraisons de soufre technique, d’acide sulfurique et d’acide nitrique.
Chavkat Mirzioïev a souligné la nécessité d’introduire des technologies alternatives dans les processus de production. D’ici à 2030, la part des réactifs susceptibles de remplacer l’acide sulfurique devrait atteindre 40 %.
Grâce à ces mesures et à la mise en service de nouvelles installations de production, Navoiuran ambitionne de doubler sa production annuelle d’uranium, pour la faire passer de 7 500 tonnes en 2026 à 15 000 tonnes en 2030. L’entreprise prévoit également de porter ses réserves d’uranium explorées à 200 000 tonnes.
À l’issue de la présentation, Chavkat Mirzioïev a chargé les responsables de veiller au respect des calendriers de réalisation des projets d’investissement, de renforcer les bases de ressources minérales des entreprises, de mettre en service de nouvelles installations technologiques, d’accroître la production de biens à plus forte valeur ajoutée et de développer les exportations.
Par Niljan Bakhshaliyeva