Le Boeing 767 affrété par le gouvernement britannique pour envoyer au Rwanda des demandeurs d'asile, était prêt à décoller de la base militaire anglaise de Boscombe Down à 22 h 30, heure locale.
Mais “en à peine plus d’une heure” tout le plan “s’est effondré comme un château de cartes”, observe la BBC. Suite au recours d’un migrant irakien devant la CEDH, celle-ci a ordonné en urgence le gel de son expulsion, dans l’attente que la justice britannique se prononce sur la légalité du projet de loi. Les six autres migrants prévus sur le vol à destination de Kigali ont immédiatement déposé à leur tour un recours qui a également reçu une décision favorable. Le vol a été annulé.
La décision de Boris Johnson avait soulevé un tollé de la part des ONG comme à l'intérieur du pays , jusqu'à soulever l'indignation du prince Charles lui-même et de l’Église anglicane. "Dernier billet annulé. PERSONNE NE PART AU RWANDA", a tweeté l'association d'aide de soutien aux réfugiés Care4Calais.
L'opération devait permettre d'expulser 130 migrants, mais une série de recours avait réduit le vol à 7 demandeurs d'asile.“le gouvernement avait martelé que l’avion décollerait, quand bien même il n’y aurait qu’un seul migrant à bord, et malgré un coût estimé à plusieurs centaines de milliers de livres pour le contribuable britannique”, rapporte le Times.
La décision européenne devrait en effet entraîner “la suspension pour plusieurs semaines de tous les vols d’expulsions vers le Rwanda, jusqu’à la décision judiciaire sur la légalité de la procédure, attendue fin juillet”, analyse le Daily Telegraph.
Mardi soir, Priti Patel, ministre de l'intérieur, “a confié être déçue que le premier vol d’expulsions vers le Rwanda n’ait pas pu avoir lieu”, mais elle s’est montrée déterminée à appliquer sa politique,.
La CEDH – un organe sans lien avec l’Union européenne (UE) – fonde ses décisions sur l’interprétation de la Convention européenne des droits de l’homme, rédigée en 1950 et inscrite dans la législation britannique en 1998. La seule façon pour Londres de se soustraire à ses décisions serait de sortir de la Convention – une option que n’écarte pas Boris Johnson, et qui placerait le pays en position délicate. Quitter la convention placerait le Royaume Uni au rang au rang des pays défiant la CEDH et rejoindrait ainsi la Russie et la Bielorussie.