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Le député français Jean-Luc Reitzer : l'Azerbaïdjan est un pays qui respecte la liberté des cultes (Exclusif)

27 Juillet 2021 05:19 (UTC+01:00)
Le député français Jean-Luc Reitzer : l'Azerbaïdjan est un pays qui respecte la liberté des cultes (Exclusif)
Le député français Jean-Luc Reitzer : l'Azerbaïdjan est un pays qui respecte la liberté des cultes (Exclusif)

Paris / Lagazetteaz

L’Azerbaïdjan est un pays qui respecte la libérté des cultes, a déclaré le député de l’Assemblée nationale franaçaise, M. Jean-Luc Reitzer, dans une interview exclusive acordée à Lagazetteaz.

S’agissant de l’objectif de sa dernière visite en Azerbaïdjan au sein d’une délégation de l’Assemblée nationale française, M. Reitzer a indiqué que l’objectif de cette visite était de maintenir des relations d’amitié entre la France et l’Azerbaïdjan.

« L’objectif, c’est de maintenir des relations d’amitié entre la France et l’Azerbaïdjan. Vous savez que nous avons passé quelques moments difficiles dans nos relations, en raison notemment du vote, non pas par l’unanimité des membres de l’Assemblée nationale mais par une importante partie des membres de l’Assemblée nationale française, d’une motion en faveur de la reconnaissance du « Haut-Karabagh ». Et donc, je comprends parfaitement que cette initiative d’un certain nombre des parlementaires a pu susciter ici non seulement des interrogations mais également des incompréhensions.

Donc, l’objectif, c’est de montrer que l’Azerbaïdjan a encore beaucoup d’amis en France, notamment parmi les parlementaires, et d’autre part de faire en sorte que nous puissions rétablir un certain nombre de vérités concernant le vote de cette motion. Et enfin, l’objectif était aussi de rendre visite aux territoires libérés. Nous avons été à Fuzouli, nous avons vu dans quel état se trouvaient les anciens maisons des habitants azerbaïdjanais de ces régions, qui ont été malheureusement occupées pendant près de trente ans », a souligné le député français.

Il a dit qu’après le réglement du conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabagh, il faut que la communauté internationale impose l’application des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour la restauration d’une paix durable entre les deux pays : « Je crois que c’est très simple. Il y a eu des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, il faut tout simplement que la communauté internationale impose l’application de ces résolutions du Conseil de Sécurité. Et ces résolutions étaient en faveur de l’Azerbaïdjan. Elles ont reconnu la souveraineté de l’Azerbaïdjan sur ces territoires, d’abord pour les sept districts qui ont été annexés, dont nous avons visité une partie, mais aussi pour le Haut-Karabagh. Et donc, il faut qu’enfin ce Groupe de Minsk, dont fait partie la France, fasse réellement son travail et puisse enfin trouver un équilibre, une paix juste et durable. Je pense que nous avons suffisamment de moyens de préssions politiques, économique, culturels pour faire en sorte que tout simplement ces accords soient d’abord aplliqués et qu’ensuite on puisse établir des liens de confiance entre l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la communauté internationale toute entière ».

Il est important de noter que dans le cadre de sa visite en Azerbaïdjan, M. Reitzer a également pu voir de ses propres yeux l’ampleur des destructions dans les territoires azerbaïdjanais désormais libérés, causées par une trentaine d’années d’occupation arménienne.

« C’était d’abord une impression de tristèsse de voir dans quel état se trouvait le patrimoine qui était celui des habitants d’Azerbaïdjan dans ces parties qui ont été occupées et sont laissées dans un état de ruines complets. On a vu des batîments historiques, des mosquées, nous avons vu le palais d’un ancien gouverneur et nous avons vu dans quel état ce patrimoine se trouvait.

En même temps, j’y ai trouvé beaucoup d’espérances; le cessez-le-feu du mois de novembre. Nous sommes aujourd’hui au courant du mois de fin juillet et on constate qu’il y a déjà des travaux colossaux, notamment dans le domaine routier qui sont en plein réalisation. On a fait des kilomètres sur des chaussées qui étaient en train d’être restaurées et même des voies nouvelles construites. On a vu aussi qu’il y avait des projets de création des villes nouvelles. On a vu les plans, on a vu la réflexion qui était memée de manière très concrète, et que dans les mois et dans les années qui viennent, lorsque si nous avons la chance de revenir un jour, nous verrons que tout aura changé. C’est à la fois beaucoup de tristesse mais aussi une espérance en voyant que vous avez tourné vers l’avenir », a-t-il estimé.

Revenant sur la contribution de l’Azerbaïdjan apportée au multiculturalisme, le membre de l’Assemblée nationale française a fait remarquer que l’Azerbaïdjan est un pays qui respecte la libérté des cultes.

« Lors d’une précédente visite, nous avions visité la cathédrale à Bakou, nous avions également visité une commune à majorité juive, et nous avions pu constater que c’est un pays d’abord laïc, qui respecte la libérté des cultes. Nous avions visité aussi une église arménienne à Bakou, qui est transformée en préservation de tous les documents historiques. Et moi, j’ai constaté que cette église avait elle-même été restaurée et que les documents qu’elle comprenait étaient préservés, étaient mis en valeur, étaient classés et que tout était respecté.

Je crois que l’Azerbaïdjan a donné une priorité à la politique culturelle. Je voudrais aussi citer la Fondation [Heydar Aliyev] qui a réalisé beaucoup de rénovations du patrimoine culturel à travers le territoire français. C’est le cas notamment pour la cathédrale de Strasbourg en Alsace. Et donc, je sais qu’il y a là une sensibilé toute particulière sur la culture, sur le patrimoine, sur la préservation et la mise en valeur de cette culture et de ce patrimoine », a-t-il opiné.

M. Reitzer a, en outre, fait savoir que les échanges culturels entre la France et l’Azerbaïdjan sont vivaces.

« Les échanges culturels sont vivaces. J’ai évoqué ce qui a été fait par la Fondation [Heydar Aliyev]. Je peux Vous citer des exemples : il y a régulièrement des manifestations culturelles organisées. J’étais maire pendant trente-quatre ans de la ville d’Altkirch en Alsace qui est d’ailleurs jumelée avec la commune de Horadize que nous avons visitée hier dans le cadre de la visite d’une délégation de l’Assemblée nationale française en Azerbaïdjan. Lorsque nous avons célébré ces liens d’amitié entre les deux communes, il y a eu une manifestation folklorique avec des danses, avec de la musique traditionnelle d’Azerbaïdjan. Ça a été un succès extraordinaire. Parce que les gens avaient soif de connaitre la culture d’Azerbaïdjan. Et donc, on peut affirmer que ces échanges sont vivaces, il faut surtout les maintenir et il faut bien sûr les développer », a-t-il affirmé.

Le député français s’est également exprimé sur les perspectives dans le domaine de l’éducation entre les deux pays : « Ça doit être une priorité. Vous avez parlé de la paix, de la construction et de la préservation de cette paix, il faut là réussir entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à travers la culture. C’est notamment à travers la jeunesse aussi. Moi, je suis orijinaire d’Alsace et je sais que l’Université de Strasbourg est en partenariat avec l’Université de Bakou [UFAZ], qu’il y a des échanges entre enseignants et qu’au début, les enseignants français étaient un peu réticents pour venir en Azerbaïdjan, parce qu’ils ne connaissaient pas ce dernier, et aujourd’hui je sais qu’il y a une concurrence farouche pour savoir qui sera choisi pour venir ici à Bakou, participer à ces échanges. Donc, vous voyez bien que c’est par la connaisance, les échanges mutuels qu’on arrive à mieux se connaitre et se comprendre ».

Par ailleurs, M. Reitzer nous a détaillé le pacte d’amitié signé entre les communes d’Altkirch (France) et de Horadize (Azerbaïdjan) : « Alors, en 2016, nous avions inauguré l’avenue d’Altkirch, et donc il était convenu que même en échange, nous baptiserions une avenue à Altkirch. Nous avions obtenu l’accord des responsables du lyccée d’enseignement professionnel et du lyccée de culture générale pour baptiser l’allée centrale de Lyccée "L’avenue de Horadize". En 2016, il y a eu malheuresement l’application de la loi sur le non-cumul des mandats. J’ai donc dû démissionner comme maire, je n’ai plus pu être député et maire, uniquement j’ai fait le choix d’être député. Il faut maintenant que le flambeau sois repris par mes successeurs, et j’espère que ça sera le cas. En tout cas, nous avions à l’époque accueilli des délégations venant de Horadize, on avait signé un pacte d’amitié, et il faut maintenant concrétiser ce pacte d’amitié en en faisant un véritable jumélage entre les deux villes pour faire des échanges culturels, sportifs et économiques ».

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Propos recueillis par Samid NASIROV

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