À fin de comprendre la vie politique d’un pays, on part souvent des cycles électoraux. En Chine, l’échelle pertinente est celle des cycles de planification — et l’unité de mesure porte un nom canonique : plan quinquennal.
Le moment qui s’ouvre lundi est donc historique : du 20 au 23 octobre, le 20e Comité central se réunira à Pékin à l’hôtel Jingxi, géré par l’armée, pour son quatrième plénum. Au cours de cette rencontre de haut niveau, les cadres du Parti publieront plusieurs « propositions » qui feront autorité pour le quinzième plan quinquennal de la République populaire de Chine, couvrant la période 2026-2030.
En avril dernier, le président Chinois Xi Jinping avait souligné, qu’au cours du 15e plan quinquennal, le Parti devrait « accorder une place stratégique plus importante au développement de nouvelles forces productives de haute technologie en fonction des conditions locales ».
Introduit en septembre 2023, ce concept fait référence à l’innovation stimulée par les progrès technologiques, la réallocation des facteurs et la modernisation industrielle, dont la « mesure fondamentale » est une « augmentation significative de la productivité totale des facteurs (PTF) ».
Des commentaires issus de sources haut placées soulignent la nécessité d’investissements importants dans des secteurs de pointe tels que l’intelligence artificielle, la biomédecine et la robotique, ainsi que d’autres pour des procédés de fabrication mieux conçus et plus écologiques dans les industries traditionnelles, comme la métallurgie, la chimie, la machinerie ou le textile.
Le défi de Xi Jinping est immense : relancer la croissance sans creuser la dette, restaurer la confiance des ménages sans relâcher le contrôle du Parti, et maintenir la compétitivité industrielle sans déclencher de nouvelles guerres commerciales. Ces quatre jours de plénum seront donc scrutés de près.