L’UE avait initialement interdit l’importation de pétrole russe acheminé par voie maritime en réponse à l’invasion de l’Ukraine, mais avait laissé une marge de manœuvre à la Hongrie et à la Slovaquie, deux pays enclavés dépendants des pipelines russes.
Cette dérogation reste juridiquement contraignante, car toute modification nécessiterait leur accord. Le recours à un mécanisme de droits de douane permettrait à Bruxelles de réduire l’attractivité économique de ces achats tout en évitant un veto.
Le projet de la Commission européenne permettrait d’imposer cette mesure à la majorité qualifiée des 27 États membres, sans consensus unanime. Concrètement, il suffirait que 15 pays représentant 65% de la population de l’UE soutiennent la proposition. Ce seuil pourrait être atteint plus facilement qu’une révision du régime d’exemption.
Les importations de pétrole russe par l’UE ont chuté à 1,75 milliard d’euros au deuxième trimestre 2025, contre près de 29 milliards d’euros, à la même période en 2021. Néanmoins, les volumes restants concernent essentiellement la Hongrie et la Slovaquie. Le maintien de ces flux continue d’alimenter les critiques à l’international, en particulier depuis l’intervention du président américain Donald Trump devant les Nations unies.
L’Union européenne s’est fixée comme objectif de cesser toutes ses importations d’hydrocarbures russes d’ici 2027, avec une échéance avancée à 2026 pour le gaz naturel liquéfié (GNL).
La mise en place de droits de douane serait une étape intermédiaire destinée à accélérer cette réduction tout en respectant les contraintes logistiques des États encore dépendants.