Les deux parties, américaine et iranienne soulignent discrètement une différence importante. Alors que la partie américaine appelle à un dialogue direct, les dirigeants iraniens ont préféré des discussions indirectes. Il ne s’agit pas d’un détail, loin s’en faut. Les deux pays n’ayant pas de relations diplomatiques depuis 1979, chacun considère que le simple fait de se rencontrer est une concession de l’autre.
Selon Téhéran, les discussions se sont concentrées sur le programme nucléaire iranien et sur la levée des sanctions «dans une atmosphère constructive et dans le respect mutuel». Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le négociateur en chef de la délégation américaine, Steve Witkow, se sont brièvement rencontrés et ont discuté après la fin des pourparlers. Des nouvelles négociations devraient avoir lieu cette semaine.
Ce qu’il faudra regarder de près cette semaine est le périmètre des négociations. Les Iraniens souhaitent en limiter l'objet aux questions liées aux sanctions et au programme nucléaire, tandis qu'une partie de l'administration américaine voudrait un accord global qui inclurait également la sécurité régionale et les proxies de l'Iran.
À ce stade, Téhéran cherche avant tout la levée des sanctions et à éviter toute action militaire des États-Unis. Pour obtenir cela, les négociateurs pourraient proposer un accord intérimaire incluant la suspension de certaines activités d’enrichissement, la diminution du stock d’uranium enrichi à 60% et un meilleur accès des inspecteurs aux installations nucléaires.
En 2013, sous l’effet des sanctions ayant fait chuter son PIB de 3,7%, l’Iran avait été poussé à négocier. La Russie et la Chine avaient aussi coopéré avec les États-Unis pour freiner les ambitions nucléaires de Téhéran, qui n’avait pas encore enrichi l’uranium à 60%. Aujourd’hui, l’Iran dispose d’environ 275 kg d’uranium enrichi à ce niveau et pourrait atteindre les 90% nécessaires à une bombe en seulement deux semaines.
Du coté israélien, seules deux options sont envisageables à ce stade : un démantèlement complet des installations nucléaires ou une intervention militaire directe. Une position également partagé par Mike Waltz, le conseiller à la sécurité de Donald Trump.