LA FINLANDE SOUHAITE REJOINDRE L'OTAN AVEC LA SUÈDE, DÉCLARE LA PREMIÈRE MINISTRE SANNA MARIN

Actualités
20 Février 2023 02:54
625
LA FINLANDE SOUHAITE REJOINDRE L'OTAN AVEC LA SUÈDE, DÉCLARE LA PREMIÈRE MINISTRE SANNA MARIN

« Nous avons envoyé un signal évident, et un message évident à la Turquie et aussi à la Hongrie ... que nous voulons entrer ensemble dans l'OTAN, et c'est dans l'intérêt de tous », a évoqué Mme Marin à la Conférence de Munich sur la sécurité.

« Nous voulons adhérer en même temps que la Suède. Ce n'est pas seulement parce que nous sommes de bons voisins et partenaires, mais aussi parce que cela concerne des questions très concrètes - la planification de la sécurité de l'OTAN », a-t-elle ajouté.

Entre-temps, le ministre finlandais de la Défense, Mikko Savola, a indiqué samedi à l'Associated Press (AP) que la Finlande préférerait que les deux pays rejoignent l'alliance. Néanmoins, comme elle l'a prévenu, elle ne retarderait pas le processus si la Turquie décidait d'approuver la Finlande mais pas la Suède.

« Non, non. Alors nous adhérerons », a prévu M. Savola dans une interview en marge de la Conférence de Munich.

« La Suède est notre partenaire le plus proche », a estimé M. Savola. « Presque chaque semaine, nos forces de défense s'entraînent ensemble et ainsi de suite. C'est une coopération intense, et nous nous faisons aussi pleinement confiance. Mais c'est entre les mains de la Turquie maintenant ».

M. Savola a ajouté qu'il espérait que la Finlande, qui partage une frontière de 1 340 kilomètres avec la Russie, devienne membre de l'alliance avant le sommet de l'OTAN en juillet prochain.

Le président finlandais Sauli Niinisto a fait remarquer que le fait que la Turquie dise oui à la Finlande mais non à la Suède présenterait une situation difficile.

« Nos mains sont, d'une certaine manière, liées. Nous avons demandé l'adhésion. Devrions-nous maintenant dire que 'Non, nous annulons notre demande' ? Non, nous ne pouvons pas le faire simplement », a insisté M. Niinisto.

La Turquie a fait savoir qu'elle était prête à accueillir la Finlande dans l'alliance, mais pas la Suède.

Les candidatures des pays nordiques à l'OTAN ont également été évoquées lors d'une visite en Turquie jeudi du chef de l'OTAN, Jens Stoltenberg, qui a déclaré qu'il était temps de ratifier les adhésions de la Suède et de la Finlande à l'alliance.

« Je crois que le moment est venu de ratifier la Finlande et la Suède », a dit M. Stoltenberg.

« La question principale n'est pas de savoir si la Finlande et la Suède adhèrent ensemble. La question principale est que la Finlande et la Suède rejoignent l'alliance dès que possible, et c'est, bien sûr, la décision de la Turquie de ratifier les deux protocoles ou un seul », a annoncé M. Stoltenberg à la presse vendredi à Munich.

Une scandaleuse manifestation à la mi-janvier à Stockholm, au cours de laquelle une effigie du président Recep Tayyip Erdogan a été pendue par les pieds devant l'hôtel de ville, a particulièrement compromis les négociations, avec comme point d'ébullition une séance distincte de brûlage de Coran.

La Turquie a convoqué l'ambassadeur suédois et annulé la visite à Ankara du président du Parlement suédois, Andreas Norlen, et du ministre de la Défense, Pal Jonson. Au milieu d'un déluge de dénonciations internationales, des dizaines de responsables turcs, dont les ministres de la Défense et des Affaires étrangères et les dirigeants des partis d'opposition, ont critiqué la Suède pour avoir autorisé l'autodafé du livre saint de l'islam par un politicien d'extrême droite.

La Suède et la Finlande voisine ont abandonné des décennies de non-alignement et ont demandé à rejoindre l'OTAN à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Tous les membres de l'OTAN, à l'exception de la Turquie et de la Hongrie, ont ratifié leur adhésion, mais l'unanimité est requise.

Ankara a déclaré que la Suède devait d'abord adopter une position plus explicite à l'égard des terroristes. La Turquie a souvent fait savoir qu'elle ne s'opposait pas à l'élargissement de l'OTAN, mais elle reproche à Stockholm de ne pas prendre de mesures contre les éléments qui constituent une menace pour la sécurité d'Ankara.

En juin dernier, la Turquie et les deux pays nordiques ont signé un mémorandum pour répondre aux préoccupations légitimes d'Ankara en matière de sécurité, ouvrant ainsi la voie à leur adhésion éventuelle à l'alliance. Mais les récentes manifestations provocatrices de sympathisants terroristes et de personnalités islamophobes à Stockholm ont conduit les dirigeants turcs à remettre en question l'engagement de la Suède à prendre les mesures nécessaires pour devenir membre de l'OTAN.

Ankara souhaite notamment qu'Helsinki et Stockholm adoptent une ligne plus dure à l'égard du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme un groupe terroriste par la Turquie et l'Union européenne, et d'un autre groupe dit "guleniste" (FETO) qu'elle tient pour responsable d'une tentative de coup d'État en 2016.

Crédit photo: Gouvernement da la Finlande