« Nous avons encouragé les deux dirigeants à se rencontrer selon le format qui leur est le plus utile. Nous pensons que le dialogue direct est essentiel pour résoudre les problèmes et parvenir à une paix durable. C'est pourquoi le Secrétaire Blinken a réuni ses homologues ministres des Affaires étrangères d'Arménie et d'Azerbaïdjan à New York en septembre, la première fois que les deux se sont retrouvés dans la même pièce depuis les récents affrontements frontaliers », a déclaré M. Price lors d'un point de presse du Département le 25 octobre.
Il a ajouté que c'est à l'Arménie et à l'Azerbaïdjan de décider si l'invitation du président [de la Russie Vladimir] Poutine leur serait utile ou non dans la recherche de cette paix durable, compte tenu de la politique de la Russie qui « respecte peu la souveraineté de ses voisins et n'est guère un partenaire fiable à long terme ».
« En définitive, il n'y a pas de plus grand soutien que les États-Unis pour la souveraineté et l'indépendance des pays du Caucase du Sud », a martelé le porte-parole du Département américain.
M. Price a d'ailleurs souligné que le rétablissement de l'indépendance de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie en 1991 vis-à-vis de l'Union soviétique était un événement fondateur qui garantissait à chacun de ces pays le droit de poursuivre ses propres intérêts en matière de politique étrangère, indépendamment de Moscou ou de tout autre pays.
« Notre seul objectif ici est de voir et d'aider ces pays à travailler ensemble pour instaurer une paix globale et durable et, en fin de compte, sauver des vies », a encore poursuivi le porte-parole.
Bakou et Erevan se sont affrontés à deux reprises, en 2020 et dans les années 1990, à propos de la souveraineté du Haut-Karabakh, une enclave en Azerbaïdjan.
La guerre de 2020, qui a duré six semaines, a coûté la vie à plus de 6500 soldats des deux camps et s'est terminée par un cessez-le-feu négocié par la Russie. L'Arménie a restitué des pans de territoire qu'elle occupait depuis des décennies et Moscou a déployé quelque 2000 soldats russes pour veiller sur cette fragile trêve.
Le mois dernier, au moins 286 personnes ont été tuées des deux côtés avant qu'une trêve négociée par les États-Unis ne mette fin aux pires affrontements depuis la guerre de 2020 entre les voisins du Caucase.
Les combats sont liés à plusieurs décennies d'hostilités au sujet du Karabakh, une enclave en territoire azerbaïdjanais internationalement reconnue comme faisant partie de l'Azerbaïdjan.
Lors des négociations menées par l'UE à Bruxelles en avril et mai, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et Nikol Pachinian avaient convenu de «faire avancer les discussions » sur un futur traité de paix. Ils se sont rencontrés pour la dernière fois à Prague ce 7 octobre, avec la praticipation du chef d'État français Emmanuel Macron et du président du Conseil européen Charles Michel, en marge du premier sommet de la Communauté politique européenne à Prague..Selon une déclaration conjointe publiée à l'issue de cette rencontre quadrilatérale, « l'Azerbaïdjan et l'Arménie ont confirmé leur attachement à la Charte des Nations unies et à la déclaration d'Alma Ata de 1991, par laquelle ils reconnaissent mutuellement leur intégrité territoriale et leur souveraineté »,