La France cherche à ancrer définitivement l’Arménie dans le camp occidental. Afin de maintenir Erevan dans sa sphère d’influence, Paris s’apprête à envoyer un nouvel ambassadeur au passé lié au renseignement et envisage une visite de son ministre des Affaires étrangères dans le pays immédiatement après les prochaines élections législatives. C’est ce qu’affirme le bulletin français « Intelligence Online », dont l’auteur de l’article retient également l’attention : Pierre Gastineau, auteur du livre « Les Espions du Président ».
Selon la publication, si les élections législatives arméniennes du 7 juin se soldent par une victoire de Nikol Pachinian, principal allié régional de la France, Paris prévoit une série d’initiatives diplomatiques et sécuritaires destinées à renforcer les relations bilatérales. L’équipe du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, finalise actuellement les préparatifs d’une visite programmée juste après le scrutin. Le chef de la diplomatie française pourrait ainsi devenir le premier responsable étranger à féliciter le Premier ministre pour sa réélection.
L’article souligne également que le nouvel ambassadeur de France en Arménie, Florian Escudié, est encore dans l’attente de son accréditation, une étape considérée comme une simple formalité. Spécialiste des questions de cybersécurité et des enjeux stratégiques, il a déjà travaillé sur les dossiers arméniens lors de sa dernière mission au ministère français de la Défense. À cette occasion, il a collaboré étroitement avec Nicolas Lerner, directeur de la DGSE, fortement impliqué dans le dossier arménien.
Pour Pierre Gastineau, cette démonstration de soutien dans le domaine de la sécurité s’inscrit dans le prolongement de la visite du président Emmanuel Macron en Arménie au début du mois de mai. Elle vise à consolider une coopération engagée depuis le tournant pro-occidental d’Erevan en 2020. Avec l’appui de ses partenaires occidentaux, le gouvernement arménien a créé un Service de renseignement extérieur censé être affranchi de l’influence russe, toujours très présente au sein de nombreuses structures militaires et sécuritaires du pays. Outre la DGSE, ce service a développé une coopération avec Viginum, l’organisme français chargé de lutter contre les manipulations de l’information, afin de faire face aux campagnes de désinformation attribuées à la Russie.
« Du côté arménien, les demandes de coopération sécuritaire avec la France s’expliquent par la volonté de renforcer les liens avec Paris après que Moscou a, de facto, renoncé à soutenir Erevan lors du récent conflit avec l’Azerbaïdjan. Pour la France, cet intérêt reflète sa volonté d’étendre son influence à la périphérie du Kremlin, de la Scandinavie à l’Asie centrale. Erevan demeure aujourd’hui le seul allié fiable de Paris dans le Caucase : la coopération avec l’Azerbaïdjan est gelée en raison de l’affaire Martin Ryan, un ressortissant français emprisonné à Bakou pour espionnage, tandis que les relations avec la Géorgie traversent une période de fortes turbulences », écrit Intelligence Online.