Les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l’OPEP ainsi que du cadre élargi de l’OPEP+, une décision susceptible de rebattre les cartes sur les marchés énergétiques mondiaux.
Selon des déclarations du ministre de l’Énergie des Émirats, Suhail Mohammed Al Mazrouei, ce choix fait suite à un examen approfondi de la stratégie énergétique à long terme du pays. Il aurait été pris de manière indépendante, sans coordination préalable avec l’Arabie saoudite, principale force motrice de l’OPEP.
Cette évolution intervient dans un contexte de forte instabilité régionale, marqué notamment par des tensions liées à l’Iran et par des perturbations affectant les flux énergétiques via le détroit d’Ormuz, une voie stratégique par laquelle transite une part considérable des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Si certains observateurs s’inquiètent d’un risque de fragmentation de l’OPEP, Suhail Mohammed Al Mazrouei a affirmé que le départ des Émirats ne devrait pas avoir d’impact immédiat majeur sur les marchés mondiaux, compte tenu des conditions actuelles et de la dynamique de l’offre.
Des analystes estiment toutefois que cette décision pourrait fragiliser la cohésion du groupe de producteurs, qui a historiquement affiché une position unifiée malgré des divergences internes sur les quotas de production et les enjeux géopolitiques.
Dans certains milieux, cette initiative est également interprétée comme s’inscrivant dans le prolongement des critiques de longue date formulées par Donald Trump à l’encontre de l’OPEP, qu’il accuse d’influencer les prix du pétrole et à laquelle il a déjà associé le soutien sécuritaire des États-Unis aux pays du Golfe à leurs politiques énergétiques.
Ce retrait s’inscrit enfin dans un climat plus large de mécontentement régional face aux enjeux de sécurité, notamment liés aux menaces maritimes. Le conseiller diplomatique du président émirati, Anouar Gargash, a récemment exprimé des critiques concernant la réponse apportée à ces défis dans la région.