LES 4 MILLIARDS D’INVESTISSEMENTS DE L’AZERBAÏDJAN EN GÉORGIE RENFORCENT SON INFLUENCE ÉCONOMIQUE ET LE PLACE DERRIÈRE LE ROYAUME-UNI

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2 Novembre 2026 11:19
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LES 4 MILLIARDS D’INVESTISSEMENTS DE L’AZERBAÏDJAN EN GÉORGIE RENFORCENT SON INFLUENCE ÉCONOMIQUE ET LE PLACE DERRIÈRE LE ROYAUME-UNI

L’empreinte économique de l’Azerbaïdjan en Géorgie, qui avoisine les 4 milliards de dollars d’investissements, illustre clairement la stratégie économique régionale de Bakou. Le montant avancé par le Premier ministre Ali Asadov témoigne d’une relation qui dépasse largement les bilans financiers des entreprises prises individuellement. Il traduit la transformation de la proximité géographique en accès aux marchés, en influence sur les infrastructures et en levier stratégique.

Selon l’ambassadeur Faig Guliyev, plus de 5 500 entreprises implantées en Géorgie bénéficient de capitaux azéris. Ce réseau met en relation les investisseurs avec les consommateurs, les fournisseurs, les marchés immobiliers, les services financiers et les acteurs du transport. Sa valeur réside autant dans l’étendue de ces relations économiques que dans le montant global des investissements.

Les données annuelles confirment la place de l’Azerbaïdjan parmi les principaux partenaires économiques de la Géorgie. Selon les chiffres révisés de l’Office national des statistiques de Géorgie, les investissements directs étrangers (IDE) ont atteint 1,90 milliard de dollars en 2025. Le Royaume-Uni arrive en tête avec 426,6 millions de dollars, soit 22,4 % du total. L’Azerbaïdjan occupe la deuxième place avec 214,4 millions de dollars (11,3 %), devant la Turquie, qui totalise 202,4 millions de dollars (10,6 %). Les investissements azéris représentent ainsi environ la moitié de ceux du Royaume-Uni et dépassent légèrement ceux de la Turquie, plaçant l’Azerbaïdjan parmi les trois principales sources de capitaux étrangers en Géorgie.

Cette comparaison met en évidence le caractère concurrentiel du marché géorgien des investissements. Malte y a contribué à hauteur de 148,3 millions de dollars, Israël de 145,1 millions, les Pays-Bas de 136,8 millions, les États-Unis de 131,3 millions et la Russie de 109,5 millions. La deuxième place de l’Azerbaïdjan revêt donc une importance particulière à l’échelle régionale.

Il convient toutefois de distinguer les flux annuels d’investissements du stock cumulé. Les 214,4 millions de dollars enregistrés en 2025 correspondent aux investissements réalisés au cours de cette seule année, tandis que le montant de 3,6 milliards de dollars évoqué par l’ambassadeur renvoie à un volume d’investissements plus large. Les données préliminaires de l’Office national des statistiques de Géorgie font état de 45,3 millions de dollars d’investissements directs azéris au premier semestre 2026. Ces indicateurs reposent sur des périodes et des concepts statistiques différents, mais témoignent conjointement de l’ampleur et de la continuité de l’engagement des entreprises azéries en Géorgie.

Les échanges commerciaux constituent un autre volet essentiel de cette relation. L’ambassadeur Faig Guliyev a évalué le volume annuel des échanges bilatéraux à environ 1,4 milliard de dollars, en fixant à 2 milliards de dollars le prochain objectif à atteindre. Par ailleurs, le Comité national des douanes d’Azerbaïdjan a enregistré 887,9 millions de dollars d’échanges commerciaux avec la Géorgie entre janvier et septembre 2026, soit une hausse de 42,3 % sur un an. Ces deux chiffres ne sont pas contradictoires : le premier porte sur le chiffre d’affaires commercial annuel, tandis que le second couvre les neuf premiers mois de l’année et repose sur les méthodes de comptabilisation des autorités douanières azéries. Ils constituent deux indicateurs complémentaires de l'intensification des relations économiques bilatérales.

La logique stratégique de ce partenariat apparaît plus clairement encore lorsqu’on met les investissements en perspective avec les infrastructures. L’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan et le gazoduc du Caucase du Sud placent la Géorgie au cœur de l’architecture énergétique de l’Azerbaïdjan tournée vers l’ouest. De leur côté, la ligne ferroviaire Bakou-Tbilissi-Kars et le Corridor médian renforcent les connexions dans le domaine du transport de marchandises, reliant la mer Caspienne et l’Asie centrale à la Turquie, à la mer Noire et aux marchés européens. La Géorgie est donc à la fois une destination pour les investissements azéris et un corridor économique indispensable à l’Azerbaïdjan.

Cette configuration géographique crée une interdépendance stratégique et renforce les moyens d’action des deux pays. L’Azerbaïdjan apporte son énergie, ses capitaux et son accès aux routes commerciales de la Caspienne, tandis que la Géorgie fournit les infrastructures de transit et les connexions vers les ports de la mer Noire et la Turquie. La valeur des actifs de chacun augmente avec la fiabilité et les capacités de l’ensemble du réseau. Les oléoducs, les voies ferrées et les plateformes logistiques ne peuvent générer leur plein potentiel économique que si les systèmes douaniers, les activités portuaires et les règles encadrant les investissements fonctionnent de manière coordonnée.

L’évolution du classement des investisseurs souligne également la nécessité d’une approche à long terme. Au deuxième trimestre 2026, la Chine s’est hissée au premier rang des investisseurs étrangers en Géorgie, avec 219,5 millions de dollars, soit 46,8 % des 468,8 millions de dollars d’IDE enregistrés sur la période. Le Royaume-Uni arrive en deuxième position avec 123,5 millions de dollars, suivi des Émirats arabes unis, dont les investissements ont atteint 47,7 millions. Ces variations trimestrielles montrent à quel point quelques opérations d’envergure peuvent rapidement bouleverser les classements. Les principaux atouts de l’Azerbaïdjan résident toutefois dans son réseau d’entreprises déjà bien implanté, sa proximité géographique et plusieurs décennies de coopération dans les domaines de l’énergie et des transports.

La prochaine étape devrait être axée sur l’amélioration de la productivité des capitaux investis. La production d’électricité renouvelable, les interconnexions électriques, la logistique, l’entreposage, le tourisme, l’agriculture, l’industrie manufacturière et les services numériques offrent autant de perspectives pour diversifier les relations économiques entre les deux pays. L’objectif de porter les échanges commerciaux à 2 milliards de dollars constitue une ambition quantifiable, tandis que le réseau de plus de 5 500 entreprises représente une base solide pour développer les partenariats entre fournisseurs et les chaînes de production transfrontalières.

Dans cette perspective, la qualité des investissements, la diversification sectorielle et la capacité à générer des retombées économiques mesurables seront les principaux critères permettant d'évaluer la prochaine étape de ce partenariat.

En définitive, la véritable mesure de l'influence économique de l'Azerbaïdjan en Géorgie ne résidera pas uniquement dans les montants investis, mais dans la valeur créée par ses actifs, les rendements obtenus par ses entreprises et la résilience des corridors reliant la mer Caspienne aux marchés mondiaux.

Avec près de 4 milliards de dollars d'investissements déclarés, une deuxième place parmi les investisseurs étrangers en Géorgie en 2025 et plus de 5 500 entreprises bénéficiant de capitaux azéris, Bakou dispose d'une assise économique considérable. Le véritable enjeu consiste désormais à transformer cet acquis en gains de productivité plus importants et en une intégration régionale plus approfondie. C'est à cette capacité que se mesurera, à terme, l'influence économique de l'Azerbaïdjan dans la région.

Par Qabil Ashirov