L’entreprise belge Jan De Nul a commencé les travaux de dragage du chenal d’accès et de la darse d’évitage du nouveau port en eau profonde d’Anaklia, en Géorgie, a annoncé l’entreprise.
Les travaux sont réalisés par les navires de dragage de Jan De Nul, Tristão da Cunha et Al-Idrisi, qui approfondissent le chenal d’accès jusqu’à 17,5 mètres, afin de permettre au futur port d’accueillir de grands navires Panamax et Post-Panamax.
L’entreprise construit également une digue de protection de 1 380 mètres dans le port, en partenariat avec l’entreprise géorgienne Prime Concrete, dans le cadre d’une coentreprise. Cette infrastructure protégera la zone maritime du port et créera une zone abritée permettant aux navires d’entrer, de manœuvrer et d’accoster.
Les travaux de dragage doivent se poursuivre jusqu’à la fin de 2026, tandis que la construction de la digue devrait être achevée d’ici la fin de 2027.
La première phase du nouveau port devrait être achevée en 2029 et devrait offrir une capacité annuelle de traitement d’au moins 600 000 EVP (TEU).
Selon Jan De Nul, une deuxième phase devrait porter la capacité annuelle du port à au moins 1 million d’EVP d’ici 2035.
Parallèlement, le projet d’Anaklia vise à répondre aux contraintes de capacité de l’infrastructure portuaire existante en Géorgie, alors que le trafic de conteneurs à travers le pays continue de progresser. Poti, principal port à conteneurs de Géorgie, a traité un nombre record de 636 466 conteneurs en 2025, soit une hausse de 17 % par rapport à 2024. Toutefois, son potentiel d’expansion supplémentaire est limité par l’espace et les infrastructures disponibles.
Le nouveau port est donc conçu pour fournir une capacité maritime supplémentaire à la porte d’entrée géorgienne sur la mer Noire et renforcer le rôle du pays dans le Corridor médian (Middle Corridor), qui relie l’Asie centrale et la Chine à l’Europe via la mer Caspienne, l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Ce corridor dispose encore d’une capacité nettement inférieure à celle de la route septentrionale, ce qui rend le développement des infrastructures sur ses différents tronçons important pour permettre sa croissance future.
Pour la Géorgie, Anaklia représente également une occasion de diversifier ses infrastructures portuaires plutôt que de dépendre principalement des installations existantes de Poti et Batoumi. Le projet est développé selon un modèle de type « landlord », dans lequel l’État géorgien conserve la propriété des infrastructures essentielles, tandis que des partenaires privés participent au développement et à l’exploitation des terminaux.
La Géorgie a choisi l’entreprise belge Jan De Nul pour construire les infrastructures maritimes du port en eau profonde d’Anaklia à l’issue d’un appel d’offres international lancé en mars 2024. L’appel d’offres était limité aux quatre grandes entreprises européennes de dragage — Boskalis, DEME, Jan De Nul et Van Oord — sélectionnées en raison de leur vaste expérience dans la construction maritime et de leur accès à des flottes spécialisées de dragage.
Jan De Nul a ensuite été désignée lauréate en août 2024. Le ministère géorgien de l’Économie a indiqué que l’entreprise avait été choisie en raison de son importante expérience internationale et de sa flotte spécialisée, à la fois pour les travaux de dragage et pour la construction de digues, qui constituent les principaux travaux d’infrastructure maritime nécessaires au projet d’Anaklia.
Le rôle de l’entreprise est donc principalement axé sur la préparation des infrastructures maritimes du port, tandis que le projet plus vaste d’Anaklia repose sur des dispositifs distincts concernant le développement et l’exploitation du port. Jan De Nul présente elle-même ce projet comme faisant partie de ses activités plus larges liées au Corridor médian, parallèlement à l’agrandissement du port de Kuryk au Kazakhstan.
Par Fuad Namazov