La réélection du parti au pouvoir en Arménie, le Contrat Civil, pourrait contribuer à faire avancer le processus de paix avec l’Azerbaïdjan et constitue globalement un facteur positif pour le profil de crédit du pays, selon une évaluation de S&P Global Ratings.
L’agence de notation estime que la victoire du parti du Premier ministre Nikol Pachinian lors des élections législatives du 7 juin confère au gouvernement un mandat renouvelé pour poursuivre son programme politique et réduit l’incertitude politique à court terme.
« Nous considérons que ce résultat est globalement favorable à la qualité de crédit de l’Arménie, car il renforce la continuité des politiques publiques et pourrait accroître la capacité du gouvernement à faire progresser les négociations de paix avec l’Azerbaïdjan », a indiqué S&P.
Selon l’agence, l’issue du scrutin devrait soutenir la continuité de l’action gouvernementale et renforcer la capacité de l’exécutif à mettre en œuvre son programme, notamment à travers un approfondissement des relations avec les partenaires occidentaux, des réformes structurelles visant à améliorer l’environnement des affaires et une consolidation budgétaire inscrite dans le cadre des dépenses à moyen terme.
S&P estime que la mise en œuvre réussie de ces politiques contribuerait à stabiliser les finances publiques, à réduire progressivement le niveau de la dette, à améliorer le cadre réglementaire, à attirer davantage d’investissements et à renforcer les fondamentaux macroéconomiques de l’Arménie.
L’agence souligne également que la normalisation régionale figure parmi les conséquences potentielles les plus importantes du résultat électoral.
« Nous considérons la normalisation régionale comme l’une des implications les plus significatives de ce scrutin, car elle pourrait réduire les risques géopolitiques, soutenir les investissements et les échanges commerciaux, et renforcer les perspectives de croissance à moyen terme de l’Arménie », indique le rapport.
Une amélioration des relations pourrait également favoriser, à plus long terme, un renforcement de la connectivité commerciale et des infrastructures de transport dans la région, notamment grâce à d’éventuelles liaisons via la Turquie.
Dans le même temps, S&P avertit que les efforts de l’Arménie pour approfondir ses relations avec les partenaires occidentaux et se rapprocher de l’Union Européenne continueront de se heurter à des difficultés en raison de l’intégration économique étroite du pays avec la Russie.
D’après l’agence, l’Arménie demeure fortement dépendante de la Russie dans plusieurs domaines, notamment le commerce, les transferts de fonds, le tourisme, les approvisionnements énergétiques ainsi que son appartenance à l’Union Economique Eurasienne.
S&P relève que la Russie a récemment imposé des restrictions à l’importation de certains produits arméniens et a exprimé ses préoccupations concernant le rapprochement croissant d’Armenia avec les partenaires occidentaux. Ces développements illustrent les difficultés auxquelles est confronté Yerevan pour concilier son ouverture vers l’Occident avec sa dépendance économique persistante à l’égard de Moscou.
L’agence met en garde contre le fait qu’une nouvelle détérioration des relations avec la Russie pourrait peser sur la croissance économique, les flux financiers extérieurs, l’accès aux marchés commerciaux et la sécurité énergétique du pays, exerçant ainsi une pression sur les indicateurs extérieurs de l’Arménie.
Si l’Arménie devrait poursuivre la diversification de ses partenariats internationaux, S&P estime néanmoins que les progrès dans ce domaine resteront probablement graduels compte tenu de la profondeur de ses liens économiques avec la Russie.