LA TRAGEDIE DU 20 JANVIER 1990 : LA DOULEUR DU PASSE ET LA RESPONSABILITE ENVERS L’AVENIR – AZER GARAEV

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19 Janvier 2026 14:10
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LA TRAGEDIE DU 20 JANVIER 1990  : LA DOULEUR DU PASSE ET LA RESPONSABILITE ENVERS L’AVENIR – AZER GARAEV

Cette journée demeure à la fois un symbole d’une immense tragédie et une expression de la volonté nationale et de la résistance du peuple. Chaque année, le 20 janvier est commémoré en Azerbaïdjan comme un jour de deuil. Le 20 Janvier incarne la douleur du passé, la leçon du présent et la responsabilité envers l’avenir.

C’est ce qu’a déclaré le politologue Azer Garaev dans un commentaire accordé à Trend.

Selon lui, la fin des années 1980 fut marquée par une profonde crise politique, économique et idéologique au sein de l’Union soviétique. Dans les républiques nationales, y compris en Azerbaïdjan, le mécontentement envers le pouvoir central s’intensifiait. L’un des problèmes majeurs de cette période fut le début du conflit du Karabagh. À partir de 1988, les revendications territoriales de l’Arménie, l’expulsion des Azerbaïdjanais de leurs terres historiques, ainsi que la position partiale et passive du pouvoir central soviétique ont provoqué une vive indignation dans la société. Parallèlement, des manifestations de masse réclamant l’indépendance et la souveraineté se déroulaient à Bakou et dans d’autres villes du pays. À la veille de janvier 1990, la situation sociopolitique à Bakou était extrêmement tendue. Des milliers de personnes descendaient dans les rues pour exiger une solution juste à la question du Karabakh et pour affirmer que l’avenir de l’Azerbaïdjan devait être décidé par son propre peuple, et non par Moscou. Ces protestations furent perçues par la direction soviétique comme une menace sérieuse.

Le politologue a rappelé que dans la nuit du 19 au 20 janvier, un important contingent de l’armée soviétique fut déployé à Bakou. Bien que l’objectif officiel annoncé fût le « rétablissement de l’ordre public », le véritable but était d’écraser le mouvement de libération nationale. Les forces militaires entrées dans la ville firent preuve d’une violence aveugle contre la population civile.

« La date du 20 janvier 1990 est inscrite en lettres de sang dans l’histoire de l’Azerbaïdjan. Les troupes soviétiques ont ouvert le feu sans avertissement sur des civils. Des habitants pacifiques ont été tués dans les rues, sur les places et devant leurs maisons. Des femmes, des enfants et des personnes âgées ont également été parmi les victimes. Selon les données officielles, des dizaines de personnes ont perdu la vie et des centaines ont été blessées. Au cours de ces événements, le bloc énergétique du centre de télévision a été détruit, plongeant Bakou dans une véritable isolation informationnelle », a souligné Azer Garaev.

Il a ajouté que les événements du 20 Janvier ne constituaient pas seulement une opération militaire, mais un acte de terreur politique perpétré par l’Union soviétique contre ses propres citoyens. Cette tragédie a révélé le véritable visage de l’empire et, après le « Janvier sanglant », l’idée d’indépendance a commencé à être partagée par des couches beaucoup plus larges de la population. Les gens ont compris que la justice et la sécurité étaient impossibles dans le cadre de ce système. Ainsi, le 20 Janvier est devenu un tournant décisif sur la voie de l’indépendance de l’Azerbaïdjan.

Azer Garaev a souligné que c’est une personnalité politique majeure, Heydar Aliyev, qui a donné la première évaluation et la qualification juridique des événements du 20 Janvier. Lors de son intervention devant la presse à la représentation permanente de l’Azerbaïdjan à Moscou, il a ouvertement condamné les actions de la direction soviétique, ce qui revêtait une importance majeure pour la défense des intérêts du peuple azerbaïdjanais. Dans les années suivantes, durant la période de l’indépendance, une évaluation politique officielle de ces événements a été établie et la mémoire des victimes a été immortalisée.

« Aujourd’hui, l’un des lieux les plus sacrés de Bakou est l’Allée des Martyrs, où reposent les martyrs du 20 Janvier. Chaque année, des milliers de personnes s’y rendent pour honorer leurs mémoires. L’Allée des Martyrs est aussi un symbole de la mémoire nationale et de la lutte pour la liberté. Même le silence y parle : chaque pierre tombale rappelle un destin, la tragédie d’une famille et le chemin de combat de tout un peuple », a-t-il déclaré.

Le politologue a également insisté sur l’importance de transmettre correctement l’histoire de la tragédie du 20 Janvier à la jeune génération. Selon lui, dans les écoles, les universités, les médias et au sein des familles, ces événements doivent être présentés non seulement comme une tragédie, mais aussi comme un exemple de courage, de dignité nationale et d’héroïsme. Les jeunes doivent comprendre que la liberté dont ils jouissent aujourd’hui a été acquise au prix de lourds sacrifices et que sa préservation exige également une grande responsabilité.

Enfin, Azer Garaev a noté que grâce aux efforts d’information et de diplomatie menées ces dernières années, cette tragédie est désormais connue dans de nombreux pays comme un exemple de répression politique. « En nous souvenant aujourd’hui de ces événements, nous ressentons non seulement de la tristesse, mais aussi de la fierté. Les personnes qui ont perdu la vie cette nuit-là sont devenues des martyrs pour l’avenir libre de l’Azerbaïdjan. L’État azerbaïdjanais indépendant, fort et respecté sur la scène internationale porte une responsabilité historique envers la mémoire des martyrs du 20 Janvier. Préserver leur souvenir et transmettre leurs idéaux aux générations futures est le devoir de chaque Azerbaïdjanais », a-t-il conclu.