Les Héros Azerbaïdjanais méritant le droit eu l’honneur de marcher devant le président français

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11 Mai 2020 08:55
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Les Héros Azerbaïdjanais méritant le droit eu l’honneur de marcher devant le président français

Bakou / Lagazetteaz

À l’occasion de la 75-ème anniversaire de la Victoire au cours de la Deuxième Guerre Mondiale nous présentons à votre attention cet article consacré au légendaire partisane et héros du Mouvements unis de la Résistance française Ahmadiyya Jabrayilov. Courageux combattant contre les nazis, il a sauvé la vie de centaines d’enfants français, était amis de Général De Gaulle et s’est vu être décoré de toutes les hautes distinctions militaires français comme : Médaille Militaire, Ordre de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre et Croix du combattant volontaire. Toutes ces décorations, Armad Michèl (pseudonyme du partisan d’ Ahmadiyya Jabrayilov) a reçu des mains de Général Charles de Gaulle et du haut fonctionnaire d’État en politique Maurice Thorez. Pour les services militaires rendus, Ahmadiyya Jabrayilov était promu au rang du Héros National de France. Et dans l’URSS, non seulement il n’a jamais reçu aucune récompense distinction militaire, mais a été accueilli comme l’ennemi du peuple de la nation…

Trend Life a le plaisir de vous présenter son histoire extraordinaire qui mérite de faire le sujet d’une série télévisée.

Ahmadiyya Jabrayilov est né le 22 septembre 1920 dans le village d’Okhud de la région de Sheki d’ Azerbaïdjan dans une famille nombreuse : il était le sixième garçon de la famille. Le village d’Okhud est situé à environ 250 km de Bakou, sur les rives du fleuve Kish et sur les flancs sud de la Grande Chaîne montagneuse du Caucase. En 1938 il a achevé le collège technique d’agronomie et a commencé à exercer son métier d’ agronome.

Avec le déclanchement de la guerre son père et ses frères ainés sont partis au front. En 1942, lorsque la nouvelle sur la mort de son père et de ses quatre frères est tombée, il s’est présenté comme volontaire et était affecté à suivre les cours à l’école d’aviation de la ville de Nevinnomyssk. Après avoir terminé achevé ses études et obtenu le grade du lieutenant subalterne, était rattaché à l’escadrille d’été des bombardiers numéro 350 déployée près de Moscou en qualité d’agent technique. En 1942 dans les rangs de ce régiment il a participé aux combats en Ukraine dans la région de Barvinki-Lozovaya-Izyum et obtenu le grade du lieutenant majeur, mais ayant décidé de devenir espion, a été enrôlé dans la 48-ème régiment d’artillerie. A la question de pourquoi avoir choisi les renseignements il a répondu : ‘’parce que je n’ai peur de rien !’’. Jabrayilov a commencé à étudier l’allemand. De son tout premier combat il est rentré plus tard que tout le monde mais a rapporté avec lui la ‘’langue’’ – un soldat d’un crâne plus grand et une fois et demi plus lourd que lui. Pour cela il a été puni, d’autant plus qu’un simple soldat de l’armée allemande ne détenait aucune information militaire secrète. Pendant toute la durée de la guerre sa mère n’a reçu de lui qu’un simple « triangle » : ‘’Maman, je suis en vie et en bonne santé, je combats. Tout va bien. Ahmadiyya’’

Captivité et évasion étonnante

En mai 1942, dans la bataille près de Koursk, son bataillon le bataillon dans lequel il combattait a été presque totalement détruit. Il a été grièvement blessé et pris en otage. En traversant les camps militaires de l’Ukraine, de la Pologne et de l’Allemagne il s’est retrouvé prisonnier N° 4167 dans le camp de concentration de Montauban. Ici, il fait connaissance de madame Jeanne qui s’occupait des tâches ménagères et qui, à la demande d’ Ahmadiyya commence à lui enseigner le français. Par ailleurs, Ahmadiyya Jabrayilov était très doué pour l’apprentissage des langues étrangères. Au fil du temps, il s’est créé un sentiment de profond respect envers ce blond fier avec les aux yeux bleus chez Madame Jeanne, âgée, elle de 65 ans. Elle a finalement organisé son évasion en mettant en scène organisant “sa mort” et ce, d’ une façon très étonnante ! Lorsqu’Ahmadiyya s’est évanoui une nouvelle fois à cause de la malnutrition et de nombreuses plaies sur la jambe, les allemands l’ont crus mort. Jeanne a alors demandé aux allemands l’autorisation d’enterrer ce garçon qui rassemblait tellement à son fils décédé. À sa demande, le menuisier n’a pas très bien martelé le couvercle du cercueil en y laissant des trous invisibles pour la respiration. Dans la nuit, à l’aide des partisans locaux, ils ont réussi à exhumer Ahmadiyya à moitié vivant et le transférer dans la cave de la maison de madame Jeanne. Avec sa fille Sara, elles ont pris soin et guéri Ahmadiyya et rapidement, par intermédiaire de leur neveux l’ont aidé de prendre contact avec des partisans locaux. Plus tard il va lui écrire : ’’ Ma chère Jeanne ! Inoubliable madame Jeanne ! Vous m’avez rendu la vie, ça veut dire que vous êtes ma mère. Bien qu’on dit que l’on a une seule mère, mais moi, j’en ai deux’’.

À partir de l’année 1943 Ahmadiyya a combattu au sein de la brigade légère de la Garonne sous les ordres du capitaine de la résistance Delplanque, alias Dumas où Jabrayilov était très aimé par ses camarades d’armes pour son courage, sa vaillance et son sens d’entraide. Ce n’est pas pour rien que Delplanque l’a caractérisé de « courageux et vaillant jusqu’au dévouement ». On lui attribuait des différents surnoms comme Cardo, Akhmed Michel, Mathieu Michel, Courage Michel, Khargo, Fragi, Russe Akhmed lesquels provoquaient une terreur profonde chez les nazis et un grand respect chez les Maquis français. Mais son principal pseudonyme est devenu Armad Michel, ayant choisi le prénom d’Armad lui-même et Michel étant la version française de son patronyme prénom de son père Mickaïl.

"En accomplissant mon devoir envers la Patrie Soviétique, je m'engage en même temps à servir dignement et fidèlement les intérêts du peuple français, sur la terre duquel où je protège les intérêts de ma Patrie. Je soutiendrai mes frères français de toutes mes forces dans la lutte contre notre ennemi commun - les envahisseurs allemands", - tel était le serment d’ Ahmadiyya au sein du détachement des partisans.

Comment Ahmadiyya a sauvé cinq cents enfants français et est devenu ... le commandant militaire de la garnison allemande.

Ahmadiyya a héroïquement combattu dans un commando partisan, a participé à de nombreuses opérations : a fait sauter des ponts, des entrepôts allemands, des maisons d'officiers nazis, des lignes de chemin de fer, empêchant ainsi l'ennemi d'envoyer des milliers de français dans des camps de concentration. Il est devenu commandant d'une équipe de service de renseignements et pour son héroïsme a reçu non seulement sa première médaille, mais aussi un message de Général de Gaulle: "Cher Armad Michel! Au nom de la France combattante, je vous remercie pour votre service. Votre Général de Gaulle." Ahmadiyya recevais des missions de ses commandants, mais les planifiait lui-même. Il n'y a pas eu un seul cas pendant toute la durée de la guerre où il a saboté une opération ou n'a pas accompli la tâche qui lui était confié.

L'une des opérations qui peut être considérée comme les plus réussies est celle qui a permis d’éviter à plus de 500 enfants français d'être déportés vers l'Allemagne. Cependant, au cours de cette opération, il a été grièvement blessé. Et là, un épisode assez intéressant s'est produit, ce qui a suscité l'admiration des combattants de la Résistance et de Général de Gaulle en personne. En fait, il dirigeait une opération et était vêtu en uniforme de capitaine allemand. Les enfants ont été secouru et conduit dans la forêt, mais à la suite de la fusillade, il a été grièvement blessé et demeurait sur le terrain. Un jour plus tard Le lendemain une patrouille allemande l’a repéré. Dans sa poche se trouvaient des documents allemands parfaitement fabriqués au nom de Heinz Max Leitgeb, ainsi qu'une photo d'une femme avec deux enfants blonds, au dos de laquelle cette inscription: ‘’À mon cher Heinz de Marika et enfants aimants.’’ Armad Michel aimait de tels détails crédibles. Lorsqu’il a repris ses esprits, s'est rendu compte qu'il avait été repéré et est en train d’être fouillé par les Allemands, il a décidé de montrer ... ses talents artistiques. Tel un mourant en agonie il s’est mis marmonner: "Chère Marika, je quitte cette vie ce monde en pensant à toi, à mes enfants, à mon oncle Karl et à la grande Allemagne."

Après la guerre, lors d'une réception amicale, Charles de Gaulle lui demanda:

- Écoute, j'oublie de te demander à chaque fois : pourquoi traînais-tu à ce moment-là avec un certain oncle Karl ?

Armad Michel a répondu avec une phrase qui a provoqué une explosion de rire des convives et est devenu une métaphore.

"En fait," dit-il calmement, "je sous-entendais Karl Marx, mais les Allemands n’ont rien compris"

Mais ça, c'était plus tard, et à ce moment notre héros a été envoyé dans un hôpital d'officiers allemands. Et voici qu’encore un autre événement surprenant se produit : pour l'héroïsme démontré lors du raid des partisans sur le train, il ... a été nommé commandant militaire de la garnison allemande de la ville d'Albi, près de Toulouse. Quand Heinz Max Leitgeb a pris contact avec des partisans, ils ont été littéralement choqués par cette nomination ! Et le résultat de ses «travaux pour la gloire du Reich» fut des crashs réguliers des trains allemands, les évasions massives de prisonniers de guerre et autres actes de sabotage. Mais cela devenait déjà extrêmement dangereux, et Ahmadiyya retourna chez les partisans, emportant avec lui la «langue» de haut rang et tout l’argent en espèces du bureau du commandant. Il n'est pas surprenant que les Allemands aient promis une haute récompense de 10 000 marks pour sa tête! Ahmadiyya poursuivit son chemin héroïque ... Il a participé à la libération des villes et régions françaises, parmi lesquelles Tarn, Garonne, Montauban, Alsace, Rodez, Toulouse, etc. Le 20 août 1944, il s'exprimait au nom de tous les soldats soviétiques lors du rassemblement à l'occasion de la libération de Paris. Lors du défilé de la Victoire à Paris, il dirigeait le convoi militaire avec Général de Gaulle.

Ahmadiyya a terminé la guerre au grade du Héros national de France, titulaire de la Médaille militaire de France, de l’Ordre de la Légion d'honneur, de la Croix militaire et de la Croix du service volontaire. L’Ordre de la Légion d'Honneur lui donnait le droit de participer à tous les défilés militaires en France devant les généraux les plus honorés. Pour couronner toute cette magnificence, il y a eu la Croix militaire - la plus haute des hautes distinctions militaires de la République Française.

Lui remettant cette décoration, Charles de Gaulle a déclaré:

- Tu as désormais le droit de devancer le président du pays lors des défilés militaires français.

- Si ce n’est pas vous qui le devenez, mon général ! - répondit Armad Michel, faisant allusion au fait que de Gaulle avait également une telle distinction.

Retour à la Patrie ... en tant qu'ennemi du peuple. Le général Charles de Gaulle à Bakou.

Après la guerre, Ahmadiyya - Armad Michel a travaillé à la chancellerie du président de la République française, Charles de Gaulle. Il était l'un des membres les plus respectés de l'Union des anciens combattants de la Résistance. C'était le soutien du président, de sa garde, des élus. Ses camarades d’armes occupaient également des postes prestigieux. En réalité, c’était le parti au pouvoir en France. À Dijon, le constructeur automobile public a été nommé à son honneur et à ce titre lui assurait des revenus. Il a épousé une Française, a vu naître ces deux fils et avait un magnifique appartement à Paris. Vis et profites ! Mais sa terre natale lui manquait à Akhmadia et il a décidé de rentrer. Les amis et des personnes officielles ont essayé de le dissuader, en vain. Les Américains lui ont même proposé du travail et la citoyenneté américaine, à lui, un espion inné. Le gouvernement français lui offrait l'usine de Dijon en possession à vie. Tout est inutile! "En France, j'ai souvent rêvé de notre terre, elle gonfle prospère, elle est vivante, épanouissante", se souvenait Ahmadiyya plus tard. D'autres combattants partisans azerbaïdjanais ont décidé de revenir avec lui. En les accompagnant à leur pays d'origine Général de Gaulle a déclaré: "Les partisans du Caucase ont fait preuve d'un véritable héroïsme dans les combats contre l'Allemagne nazie, mais ce sont les combattants azerbaïdjanais qui se sont avérés les plus courageux et vaillants." En partant, le général de Gaulle a remis à son camarade de combat le titre du citoyen d'honneur de la France et un mandat pour la libre utilisation de tous les modes de transport en France. C'était un privilège dont une seule personne jouissait en France: le président de la république.

Ici, une histoire intéressante revient à l’esprit. En fait, le 27 novembre 1944, en pleine guerre, le général Charles de Gaulle est arrivé à Bakou. Pour cela, il avait dû emprunter des routes en déviant à travers la Syrie, le Liban et l'Iran, pour ensuite partir de Bakou à Moscou à la rencontre de Staline.

TASS a rapportait: "Le 27 novembre, à 14 heures, le chef du gouvernement intérimaire de la République française, le général de Gaulle et sa délégation sont arrivés à Bakou. Le général de Gaulle a été accueilli à l'aéroport par des représentants du gouvernement de la RSS d'Azerbaïdjan et des représentants du NKID et des NKO venus de Moscou pour l’occasion. L’aérodrome était décoré avec des drapeaux nationaux français et soviétiques, la garde d'honneur a été alignée. L'orchestre a interprété les hymnes français et soviétiques. Dans la soirée, le général de Gaulle a assisté au spectacle "Koroglu" à l'Opéra d'Azerbaïdjan. En raison des mauvaises conditions météorologiques, le général de Gaulle et son entourage ont quitté Bakou avec un train spécial le lendemain. "

Lors de la visite, une excursion sur les sites touristiques de la ville a également été organisée. La Tour de la vierge et Icheri Sheher ont suscité chez lui un intérêt particulier. Le général a commencé à écrire dans son bloc-notes lorsqu’on lui racontait l’histoire de cette tour. C'est ainsi qu'il a fait connaissance de l'Azerbaïdjan ...

Ahmadiyya est rentré dans son pays natal le 25 novembre 1946, mais il a été accueilli comme ennemi du peuple. Lors des interrogatoires à Moscou, au MGB (l'ancien NKVD, précurseur du KGB) le type des questions qui se posait était : pourquoi tu t’es rendu ? Pourquoi en uniforme d’officier allemand sur la photo ? Comment as-tu réussi à t'échapper du camp de concentration seul ? Comment es-tu devenu commandant de la garnison nazie ? Etc. Toutes les distinctions, lettres, photos, même le titre de voyage gratuit ont été confisqués. Ils l'ont envoyé dans son village natal d'Okhud et lui ont ordonné de ne pas le quitter. Ici, il est devenu un simple berger et en 1947 il a fondé une nouvelle famille avec Suraya Khanum. Durant les années 1948-1962 sept enfants sont nés. Il est diplômé de l'Institut d'agriculture de Ganja.

Très probablement, il a échappé à la Sibérie grâce à une photographie prise le 24 août 1944, après la libération de Paris, sur laquelle on voit le président du gouvernement national provisoire de France, le général Charles de Gaulle, assis à la tête de la table de réception, et à sa droite, Ahmadiyya et son épouse Sarah, fille de son sauveur, Madame Jeanne. Plus tard, quand il a voulu emmener sa femme Sarah et ses deux fils, Michel et Ali en Azerbaïdjan, elle a refusé, craignant des répressions staliniennes, dont elle avait déjà entendu parler.

Comment toute l'Union Soviétique cherchait Armad Michel

Ils ne se sont souvenu du héros que dans les années soixante. En 1966, lors de sa visite en URSS Général de Gaulle, a souhaité que son ami Armad Michel (il le connaissait sous ce nom Ahmadiyya) fasse partie de ceux qui venaient le rencontrer à l’aéroport. Cela a été remonté à Leonid Brejnev, qui a ordonné de retrouver cet homme d'urgence et de le transporter à Moscou. Mais comment le retrouver? Et où? Après tout, aucune personne portant ce nom ne faisait pas partie des citoyens de l'URSS. Toute l'Union Soviétique y compris le KGB, le Ministère de l'intérieur, etc. se sont mis à sa recherche. Sans résultat! Un scandale international se préparait quand soudain, l'une des dactylographes du Kremlin s’est rappelé qu'il y a trois ans, elle avait imprimé un document pour le premier secrétaire du Comité central du PCUS, Nikita Khrouchtchev, dans lequel ce nom de famille avait apparu.

Ils sont allés chez Nikita Sergeyevich, qui après sa démission s’était installé à son datcha. Il se souvint immédiatement d' Ahmadiyya. Il fût, dit-il, un tel Azerbaïdjanais si excentrique. Il a combattu en France dans des groupes de résistance partisans, puis rentré dans son pays natal. Il y a trois ans, le Conseil des anciens combattants français, a fait à Armad Michel un don de ... 100 mille dollars en signe de sa gratitude! Un montant sans précédent pour cette époque! L'affaire est inhabituelle, exceptionnelle. Par conséquent, il a été invité à un rendez-vous avec Nikita Khrouchtchev. Lors de la réception, Ahmadiyya a fait la déclaration suivante au Premier secrétaire du Comité central: "Je ne prendrai pas cet argent, j'ai tout ce qu’il faut. Renvoyez-le." Khrouchtchev a alors proposé d'accepter l'argent et de le transférer au Fonds soviétique pour la paix. La seule chose qu' Ahmadiyya a demandée était de lui rendre ses souvenirs. Tous les prix, documents et photographies lui ont été restitués, à l'exception du plus important - la Croix militaire. Elle faisait déjà depuis un moment partie de l’exposition du Musée de la gloire militaire. Dans l’URSS, seules deux personnes possédaient une telle distinction - le maréchal Georgy Zhukov et le berger Ahmadiyya Jabrayilov.

Il a rapporté ces récompenses au village et les a soigneusement empilées dans un coffre. Et il a été promu en agronome (gratitude soviétique). Grâce à cette histoire le légendaire Armada Michel a enfin été retrouvé.

Bientôt, un cortège gouvernemental composé de quatre voitures Volga est arrivé dans le village d'Okhud. Vous auriez dû voir les visages des habitants de la région! Vous ne verrez pas une telle chose même dans la capitale! Avec quel honneur et respect sont-ils venus chez Ahmadiyya Jabrayilov, agronome rural provincial de 46 ans. Fonctionnaires de divers rangs l’ont entouré pour lui annoncer solennellement qu'il devait s'envoler d' en urgence pour Moscou, chez le camarade Brejnev en personne. Et là, il s’est produit quelque chose dont personne ne s'attendait. Ahmadiyya a répondu qu'il ne voyait aucun lien entre lui et le camarade Brejnev et qu'il ne pouvait pas quitter son travail au village. Tout le monde était abasourdi et lorsque l'agronome s'est retourné pour rentrer chez lui, l'un des visiteurs a décidé de dévoiler le secret d'État - il y aura une rencontre avec le président français, le général Charles de Gaulle. L'agronome s'est retourné et lui a demandé de jurer. Il a juré par ses enfants.

À son arrivée à Moscou, Ahmadiyya a été logé dans la suite de deux chambres de l'hôtel ‘’Moscou’’ et le lendemain matin, il a été conduit au GUM, dans la section deux cents, qui ne servait que les plus hauts dirigeants du pays où on lui a sélectionné plusieurs costumes, chemises, cravates, chaussures, chaussettes, boutons de manchette, sous-vêtements , imperméable, pardessus léger et même un parapluie. Et puis ils l’ont conduit chez Brejnev. Le secrétaire général du Comité central du PCUS l'a accueilli comme un membre de la famille, l'a embrassé, lui a serré la main pendant longtemps, lui a adressé nombre de belles phrases en le confiant à deux camarades. Ces camarades ont mené avec lui une conversation amicale et ont fini par lui faire une offre incroyable. En fait, il se peut que le général souhaite visiter la maison de son ami combattant dans le village d'Okhud. Par conséquent, ils lui ont suggéré la chose suivante : la maison de l'agronome sera élevée sur deux étages, entourée d'une véranda, deux dépendances seront ajoutés ainsi qu' une étable, un poulailler spacieux, quelques garages pour tracteur et voiture personnelle. Tout ce territoire sera cloîtré par une clôture solide et enregistré comme la propriété de la famille Jabrayilov. De plus, les maisons des voisins seront démolies, ceux-ci seront relogés dans des endroits plus confortables et leurs parcelles seront annexées à son territoire. Il n'a qu'à donner son consentement et tout sera prêt. En seulement 3 jours! Tout cela s’avérait assez décent: le Héros de la Résistance est maintenant l'un des premiers agriculteurs soviétiques prospères. Ahmadiyya a catégoriquement décliné cette offre! Il a ensuite été recommandé à Ahmadiyya de dire un petit mensonge pour le bien d'une cause commune. "Si le général vous demande comment vous allez, alors vous lui répondrez : ’’ je suis le président de la ferme collective. D’ailleurs, si vous le souhaitez, nous appellerons Bakou tout de suite", lui a-t-on dit. Naturellement, Ahmadiyya a refusé ce poste également.

Le lendemain, il faisait partie de la délégation d'accueil du président français à l'aéroport gouvernemental de Moscou. Le général a quitté la rampe, a salué cérémonieusement Brejnev et les fonctionnaires, et ayant vu Armad Michel après de nombreuses années de séparation, il l'a serré très chaleureusement dans ses bras et a commencé à discuter. En ce moment, tout le monde les regardait avec stupéfaction! À la demande du général, tous deux ont été conduit à la résidence, où ils se sont promenés dans le jardin, ont dîné avec des bougies et se sont rappelés du passé. Après la réunion, Ahmadiyya est parti tout seul à l'aéroport, a acheté un billet et est rentré en Azerbaïdjan. La femme de chambre de l'hôtel ‘’Moscou’’ était étonnée en entrant dans la suite de deux pièces, que notre héros avait occupé un peu moins de deux jours. L'invité est parti et a tout laissé. Tout ce qu'il avait acheté pour rencontrer Charles de Gaulle! Voilà quel homme!

Une poignée de terre natale ...

Après cet évènement à ferme collective du nom de Narimanov, Ahmadiyya a même été promu au rang de brigadier. Quel honneur (avec ironie)! Les villageois ont commencé à le surnommer Ahmadiyya de Gaulle et les plus jeunes Degol-muallim. C’est donc ainsi qu’il a continué sa vie dans la pauvreté avec une grande famille.

Partir visiter la France, si chère à son cœur et pour la libération de laquelle il a héroïquement combattu, pour rencontrer ses amis combattants et sa première famille à Paris, Ahmadiyya Jabrayilov n'a réussi qu'en 1972, à une époque où l'Azerbaïdjan était dirigé par une personnalité politique éminente Heydar Aliyev. Pour son voyage en France Ahmadiyya a emporté avec lui une poignée de sa terre natale, qu'il a éparpillée sur les tombes des partisans azerbaïdjanais : Jeyran Khanum, Mikail Huseynov, Veli Veliev, Feizulla Gurbanov. Deux fois de plus, en 1975 et 1980, il a visité la France et ses lieux de gloire militaire. Mais malheureusement, Charles de Gaulle n'est était plus en vie: il avait décédé le 9 novembre 1970.

Des amis français et leurs enfants sont venus lui rendre visite au village d'Okhud. Il leur a fait visiter les villes de la république, a fait découvrir les monuments, la culture et les traditions. Il a reçu l'Ordre de la bannière rouge du travail, celui de la Révolution d'octobre et des médailles pour sa participation à la deuxième Guerre Mondiale.

En 1990, il est invité à Paris pour une cérémonie à l’occasion du 100ème anniversaire de Charles de Gaulle. Mais c'était une période troublée, l'URSS était au bord de l'éclatement et il n’a donc pas pu y aller. Ahmadiyya Jabrayilov est décédé le 10 octobre 1994 dans la ville de Sheki. Le camion a heurté la cabine téléphonique dans laquelle il se trouvait. La mort absurde du héros ! Il y a eu un deuil de trois jours dans la région de Sheki, bien que personne ne l'ait officiellement annoncé ... Des livres sur le héros de la Résistance française Ahmadiyya Jabrayilov ont été écrits, des films ont été tournés en France, un musée a été ouverte dans sa maison sur sa terre natale, un monument en bronze a été érigé sur sa tombe à Okhud et son fils, le héros national d'Azerbaïdjan Mikail Djabrailov, décédé dans la guerre du Karabakh, en défendant l'intégrité territoriale de pays contre les occupants arméniens, se trouve à proximité. Gloire éternelle aux héros !

L'article a été préparé à partir des documents provenant d'Internet

(Auteur: Vugar Imanov.)

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