« Une COP 27 pour sauver la terre » est le titre pompeusement affiché ce matin par le grand journal égyptien Al-Youm Al-Sabee. Revêtu de vert pour l'occasion, le journal cite longuement l'appel du président Abdel Fattah al-Sissi invitant les participants à ce sommet à prendre la mesure des « défis sans précédents » auxquels notre planète est confrontée. De son côté, Al-Masry Al-Youm, autre quotidien égyptien, cite, lui, le discours du ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, qui préside cette COP27 et qui a annoncé que le moment était venu « d'appliquer les promesses », de passer enfin des paroles aux actes.
Officiellement débutée hier par des séances plénières, c’est à partir d’aujourd’hui que commence véritablement la 27e conférence des parties des Nations unies consacrée au climat, à Sharm el-Sheikh en Égypte, et ce jusqu’au 18 novembre. Au centre des discussions de cette année figurera le financement de la lutte contre le réchauffement climatique dans les pays en développement.
Or, il y a peu à parier que la COP27 se traduise par des annonces inédites permettant une telle révolution. Ni le Président Chinois Xi Jinping ni le Président Hindou Narendra Modi ne seront à la COP, bien que leurs pays constituent respectivement les premier et troisième émetteurs du plus grand volume de CO2 chaque année. On notera également l’absence du Premier ministre Canadien Justin Trudeau et du Président Russe Vladimir Poutine. Le Président Joe Biden ne s’y rendra que vendredi, après les élections de mi-mandat prévues ce mardi 8 novembre.
Un peu moins d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement sont ou seront en Égypte ; la centaine d’États restantes parmi les 190 parties de la COP sera représentée à un niveau protocolaire moins élevé. Le sommet des leaders se tient aujourd’hui et demain ; parmi les Européens, Giorgia Meloni, Emmanuel Macron, Mark Rutte, Olaf Scholz, Pedro Sanchez, Ursula von der Leyen, Nicola Sturgeon, Rishi Sunak y seront présent.
Qu’attendre de cette COP 27, si tant est qu'il faille en attendre quelque chose ? La presse internationale est partagée. Le quotidien espagnol El Pais estime que les sommets sur le climat restent « essentiels, car, sans eux, la détérioration de la situation au cours des trois dernières décennies aurait été bien plus importante ».
Plus sceptiques, plusieurs dessinateurs de presse expriment également leur indignation de voir le président Abdel Fattah al-Sissi accueillir cette grand-messe de la COP27, alors que la machine répressive tourne à plein régime dans son pays