"Les travailleurs n'ont pas eu autant de force de levier depuis des décennies, et certainement pas depuis la récession de 2008-2009", explique à l'AFP Susan Schurman, professeure spécialisée sur les relations dans le monde du travail à l'université Rutgers.
"La dernière fois" que les Etats-Unis ont connu des mouvements sociaux de cette ampleur, "c'était dans les années 1930", souligne-t-elle.
Aux Etats-Unis, "les employés de la base, les cols bleus, sont à la traîne, les salaires sont stables depuis des décennies parce que le pouvoir de négociation était du côté des employeurs", poursuit-elle.
"Mais la pandémie a changé tout ça. Tout d'un coup, le marché du travail s'est tendu, les employeurs ont des difficultés à recruter et par conséquent, les syndicats peuvent mettre la pression", souligne-t-elle. "C'est ce qu'il se passe depuis un an".
Résultat: les velléités de syndicalisation dans les entreprises (Amazon, Starbucks notamment) se multiplient, mais aboutir reste difficile.
LES EMPLOYÉS AMÉRICAINS RÉCLAMENT "LEUR PART" COMME JAMAIS DEPUIS DES DÉCENNIES