QU'A DIT TRUMP A ERDOGAN AU SUJET DE L'OTAN?: LES EUROPEENS SUR LE QUI-VIVE

Actualités
3 Juin 2026 21:14
36
QU'A DIT TRUMP A ERDOGAN AU SUJET DE L'OTAN?: LES EUROPEENS SUR LE QUI-VIVE

Selon le média britannique Middle East Eye, basé à Londres et citant des sources privées, le président américain Donald Trump a indiqué à son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan, lors d’un entretien téléphonique il y a deux semaines, qu’il prévoyait de participer au sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), qui se tiendra en juillet dans la capitale turque.

Trump a pourtant critiqué à plusieurs reprises l’Alliance atlantique et a même laissé entendre qu’un retrait des États-Unis pouvait être envisagé. Cependant, lors de sa conversation téléphonique du 20 mai avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan, le dirigeant américain a affiché une position différente.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré aux médias locaux le week-end dernier qu’Erdoğan s’était entretenu à plusieurs reprises avec Trump au cours du dernier mois et qu’à aucun moment le président américain n’avait laissé entendre qu’il renoncerait à participer au sommet.

Tout porte à croire que Trump honorera son engagement de se rendre en Turquie. Lors de la visite d’Erdoğan à Washington, le 25 septembre 2025, le président américain avait promis de venir à Ankara. Toutefois, plusieurs experts rappellent le caractère imprévisible de Trump et soulignent que, malgré les assurances données au président turc lors de leur échange téléphonique, seule une annonce officielle permettra de confirmer définitivement la tenue de cette visite.

Il n’est toutefois pas exclu qu’Erdoğan et Trump se rencontrent avant même le sommet de l’OTAN, prévu les 7 et 8 juillet. Selon la presse britannique, Erdoğan pourrait retrouver Trump le 25 juin à Los Angeles à l’occasion d’un match de la Coupe du monde opposant les États-Unis à la Turquie. Le président turc assiste régulièrement aux rencontres de football de la sélection nationale et devrait, selon ces informations, suivre le match aux côtés de Trump. Néanmoins, des sources de haqqin.az à Ankara indiquent qu’aucune décision définitive concernant un déplacement d’Erdoğan aux États-Unis n’a encore été prise.

Depuis le début de l’année, Trump a multiplié les déclarations contradictoires sur l’avenir de la présence militaire américaine en Europe. Il avait notamment ordonné, il y a quelque temps, le retrait de 5 000 soldats américains chargés de la sécurité du continent. Quelques semaines plus tard, il annonçait pourtant l’envoi du même nombre de militaires en Pologne. C’est pourquoi les responsables européens accordent une importance particulière au sommet de l’OTAN prévu en juillet à Ankara.

Parallèlement, plusieurs responsables européens estiment que la venue de Trump en Turquie est à la fois essentielle et source d’inquiétude.

« Si Trump participe au sommet de l’OTAN à Ankara, la réunion pourrait se dérouler dans une atmosphère de chaos, de cris et de menaces », a confié à Middle East Eye un responsable européen, avant d’ajouter : « Mais s’il ne vient pas à Ankara, cela porterait un coup à l’avenir de l’OTAN. »

Qualifiant le sommet d’Ankara de réunion la plus importante depuis plusieurs décennies, les responsables européens soulignent l’urgence de débattre de l’avenir de l’Alliance à un moment où les États-Unis laissent entendre qu’ils ne seront plus nécessairement en mesure de protéger le continent contre les menaces extérieures. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, ainsi que plusieurs dirigeants européens, devraient tenter de convaincre Trump de l’importance de l’Alliance pour la sécurité transatlantique.

D’autres responsables politiques considèrent, au contraire, que le processus engagé sous Trump se dirige vers une issue inévitable. Selon eux, la meilleure initiative que pourrait prendre la Turquie, en tant que pays hôte, serait de demander à Washington une feuille de route pour un désengagement progressif de l’Europe de l’architecture de sécurité centrée sur les États-Unis.

Les analystes estiment qu’à l’aube d’une nouvelle ère, l’Europe a besoin d’un nouveau cadre stratégique capable de répondre à la fois aux exigences de Trump et aux impératifs de sécurité du continent.

Par Rouslan Bachirli