« Des discussions sont toujours en cours » pour déterminer l'origine de ces particules, a indiqué l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans un rapport confidentiel vu par l'AFP.
Le rapport précise que lors d'une inspection « le 22 janvier 2023, l'agence a prélevé des échantillons environnementaux (...) à l'usine d'enrichissement de combustible (FFEP) de Fordow (sic), dont les résultats d'analyse ont montré la présence de particules d'uranium hautement enrichi contenant jusqu'à 83,7 % d'U-235 ».
« Ces événements indiquent clairement la capacité de l'agence à détecter et à signaler en temps utile les changements dans le fonctionnement des installations nucléaires en Iran », poursuit le document.
Interrogé sur la présence de ces particules, l'Iran a déclaré que des « fluctuations involontaires » au cours du processus d'enrichissement « ont pu se produire ».
La semaine dernière, l'Iran a affirmé n'avoir fait aucune tentative d'enrichissement de l'uranium au-delà de 60 %.
« La présence d'une ou plusieurs particules d'uranium au-dessus de 60 % dans le processus d'enrichissement ne signifie pas un enrichissement au-dessus de 60 % », a réagi le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (AEOI), Behrouz Kamalvandi.
L'Iran a enrichi de l'uranium bien au-delà des limites fixées dans l'Accord historique de 2015 avec les puissances mondiales, qui a commencé à s'effilocher lorsque les États-Unis s'en sont retirés en 2018.
L'accord visait à accorder à l'Iran un allégement des sanctions dont il avait grand besoin en échange de restrictions de son programme atomique.
Des négociations intermittentes entre les puissances mondiales pour revenir à l'accord ont débuté en 2021, mais sont au point mort depuis l'année dernière.
Le rapport de l'AIEA intervient alors que le chef du gendarme nucléaire de l'ONU, Rafael Grossi, devrait se rendre à Téhéran « dans les prochains jours », suite à une invitation officielle de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.
« Ces derniers jours, nous avons eu des discussions constructives et prometteuses » avec la délégation de l'AIEA qui était déjà en Iran pour enquêter sur les doutes concernant son programme nucléaire, a souligné lundi le porte-parole de l'AEOI, Behrouz Kamalvandi.
« On espère que cette visite constituera la base d'une plus grande coopération et d'un horizon plus clair entre l'Iran et l'AIEA », a-t-il ajouté.
Téhéran a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu'il n'avait pas l'intention de fabriquer une bombe nucléaire.
Dans le rapport, l'AIEA a affirmé que le stock estimé d'uranium enrichi de l'Iran avait atteint plus de 18 fois la limite fixée dans l'Accord de 2015 entre Téhéran et les puissances mondiales.
Elle a estimé que le stock total d'uranium enrichi de l'Iran s'élevait à 3 760,8 kilogrammes au 12 février, soit une augmentation de 87,1 kilogrammes par rapport au dernier rapport de novembre.
La limite fixée dans l'Accord de 2015 était de 202,8 kilogrammes d'uranium.
L'AIEA a signalé à plusieurs reprises qu'elle n'était plus en mesure de surveiller pleinement le programme iranien depuis que la République islamique a commencé à restreindre son accès en février 2021.