MEDVEDEV AVERTIT QUE L’ARMÉNIE POURRAIT CONNAÎTRE UN « SCÉNARIO UKRAINIEN » EN RAISON DE SON RAPPROCHEMENT AVEC L’OCCIDENT

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6 Octobre 2026 16:55
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MEDVEDEV AVERTIT QUE L’ARMÉNIE POURRAIT CONNAÎTRE UN « SCÉNARIO UKRAINIEN » EN RAISON DE SON RAPPROCHEMENT AVEC L’OCCIDENT

Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a averti que l’orientation croissante de l’Arménie vers l’Occident pourrait avoir de graves conséquences, estimant que le scénario « le pire » serait que ce pays du Caucase du Sud devienne une « nouvelle Ukraine ».

S’adressant aux médias iraniens, Medvedev a affirmé que les pays occidentaux cherchaient à mettre à l’épreuve la solidité des relations entre Moscou et Erevan, alors que l’Arménie approfondit ses liens avec l’Union européenne.

Selon l’ancien président russe, les dirigeants actuels de l’Arménie ont délibérément choisi une autre voie pour le développement du pays.

« Les dirigeants actuels de l’Arménie estiment qu’il est opportun de changer l’orientation de son développement. Je suis certain que cela ne mènera à rien de bon non plus », a déclaré Medvedev.

Il a ensuite cité l’Ukraine comme exemple du scénario que, selon lui, l’Arménie devrait éviter.

« La pire chose qui puisse arriver à l’Arménie serait qu’elle se transforme en une nouvelle Ukraine », a déclaré le vice-président du Conseil de sécurité russe.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre Moscou et Erevan, alors que le gouvernement du Premier ministre Nikol Pachinian cherche à renforcer ses relations politiques et économiques avec l’Union européenne, tandis que l’Arménie reste membre de l’Union économique eurasiatique (UEE), dirigée par la Russie.

Cette question a donné lieu à un désaccord public entre le président russe Vladimir Poutine et Pachinian lors de leur rencontre à Bichkek, en septembre.

Poutine a reconnu le droit souverain de l’Arménie à développer ses relations avec l’UE, mais a estimé qu’une éventuelle adhésion à l’UE serait incompatible avec le maintien au sein de l’UEE. Il a déclaré que les ambitions européennes d’Erevan risquaient de compromettre les avantages économiques que l’Arménie tire du bloc eurasiatique et de perturber les liens commerciaux établis.

Pachinian a répondu que l’adoption par l’Arménie d’une loi lançant le processus visant à demander l’adhésion à l’UE n’avait violé aucune de ses obligations existantes envers la Russie ou l’UEE.

« Nous avons analysé le cadre contractuel existant entre la Fédération de Russie et l’Arménie, ainsi que le cadre contractuel existant au sein de l’Union économique eurasiatique, à la fois avant et après cette décision et, franchement, nous n’avons constaté aucune violation des obligations de l’Arménie envers la Fédération de Russie et l’Union économique eurasiatique », a déclaré Pachinian.

Lors de cette même rencontre, Pachinian a toutefois reconnu qu’une adhésion simultanée à l’UE et à l’UEE ne serait finalement pas possible et a déclaré que l’Arménie devrait faire un choix clair si et lorsque l’adhésion à l’UE deviendrait une option réaliste.

Poutine a maintenu que la loi lançant le processus d’adhésion de l’Arménie à l’UE constituait de fait un signe de retrait du projet d’intégration eurasiatique, indiquant à Pachinian que l’appartenance aux deux blocs était incompatible.

Moscou a continué de défendre cette position. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré fin septembre que la Russie respectait les droits souverains de l’Arménie, mais qu’Erevan devrait finalement choisir entre les deux systèmes d’intégration, car leurs règles et leurs normes sont incompatibles.

L’avertissement de Medvedev concernant une « nouvelle Ukraine » intervient donc dans le contexte d’un différend plus large sur l’orientation géopolitique de l’Arménie, alors qu’Erevan cherche à développer ses relations avec l’Europe tout en maintenant d’importants liens économiques et institutionnels avec la Russie.

Par Akbar Novruz