L’événement, organisé au Centre du livre de Bakou, a réuni diplomates, historiens et représentants d’institutions culturelles autour de la mémoire d’Ahmadiyya Jabrayilov, combattant azerbaïdjanais engagé dans la Résistance française après avoir été prisonnier de guerre des nazis pendant les hostilités.
Selon AZERTAC, la directrice du Centre du livre de Bakou, Gunel Rzayeva, a souligné l’importance de telles publications pour transmettre aux jeunes générations une mémoire historique souvent méconnue hors des cercles spécialisés.
Une mémoire partagée entre l’Europe et le Caucase
Au cours de la cérémonie, la représentante du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Nigar Huseynova, a rappelé que plusieurs milliers d’Azerbaïdjanais avaient participé à la lutte contre l’occupation nazie dans différents pays européens, notamment en France, en Pologne, en Italie et aux Pays-Bas.
Elle a évoqué les figures d’Ahmadiyya Jabrayilov, de Mehdi Huseynzade et de Mammad Mammadov, présentées comme des symboles de courage et d’engagement en faveur de la liberté.
« Les partisans azerbaïdjanais engagés dans la Résistance française sont devenus des symboles de la lutte pour la justice et l’humanité », a-t-elle déclaré, soulignant que leur héritage appartient autant à l’histoire européenne qu’à celle de l’Azerbaïdjan.
Un livre pour préserver l’histoire
L’auteur de l’ouvrage, l’historien français Alexandre Wattin, a expliqué que son travail vise à mieux faire connaître le rôle joué par Ahmadiyya Jabrayilov dans les réseaux de résistance français.
Selon lui, cette publication dépasse le simple récit biographique : elle témoigne également des liens historiques et humains entre la France et l’Azerbaïdjan.
L’ambassadrice de France en Azerbaïdjan, Sophie Lagoutte, a salué la mémoire d’un homme « devenu une personnalité inoubliable par son courage et son engagement dans la lutte partisane ».
La diplomate française a indiqué avoir rencontré la famille du résistant lors d’un déplacement à Cheki, soulignant le rôle joué par ses proches dans la transmission de cette mémoire.
Les organisateurs ont également rappelé plusieurs initiatives culturelles récentes consacrées à la participation des Azerbaïdjanais à la Résistance européenne, notamment la projection à Paris du documentaire "Il était Khargo", réalisé par Tahir Tahirovitch.
Pour le président de l’Organisation des vétérans de la guerre, le colonel Jalil Khalilov, préserver la mémoire des combattants de la Seconde Guerre mondiale demeure essentiel « pour maintenir vivante la mémoire historique et les valeurs de paix ».
La cérémonie s’est achevée par la projection d’une vidéo réalisée par les collaborateurs de l’ambassade de France en Azerbaïdjan, en hommage à celui qui reste, des décennies après la guerre, une figure méconnue mais importante de la Résistance européenne.