La compagnie aérienne biélorusse Belavia a été autorisée à reprendre sa coopération avec le constructeur aéronautique américain Boeing, a annoncé Igor Tcherguinets, directeur général de la compagnie.
En 2023, Belavia avait été inscrite sur la liste des entreprises sanctionnées par les États-Unis pour violation des mesures de contrôle des exportations, instaurées en raison du soutien apporté par Minsk à l’invasion russe de l’Ukraine. En septembre 2025, Washington avait toutefois levé les restrictions en échange de la libération de 52 prisonniers par les autorités biélorusses. Ce samedi, le département du Commerce américain a délivré à Boeing une autorisation lui permettant de travailler avec Belavia, premier transporteur aérien du pays, rapporte l’agence de presse BelTA, citant Igor Tcherguinets.
Selon ce dernier, cette décision permettra à la compagnie de « recevoir directement des pièces de rechange, des composants et des logiciels destinés aux avions dont elle dispose ». Elle ouvre également à Belavia la possibilité d’engager des négociations en vue de l’achat d’appareils auprès de Boeing.
Après l’instauration des sanctions américaines et européennes, les sociétés étrangères de leasing avaient repris à Belavia une partie de ses avions Embraer et Boeing. Pour maintenir en état de navigabilité les appareils restants, la compagnie avait alors dû se procurer des composants par des circuits parallèles, via des pays tiers, mais aussi procéder au « cannibalisme » de ses anciens avions, en récupérant des pièces sur certains appareils pour en maintenir d’autres en service.
D’après les données publiques, la flotte de Belavia compte actuellement 18 appareils, parmi lesquels des modèles Boeing, Embraer et Airbus.
L’autorisation accordée par les États-Unis à Boeing pour collaborer avec Belavia a également été annoncée par Valentin Rybakov, représentant permanent de la Biélorussie auprès des Nations unies.
« Une nouvelle décision positive a été prise : le département du Commerce américain a accordé à Boeing une autorisation, une licence, pour coopérer avec le transporteur aérien national, la compagnie Belavia », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Pervy Informatsionny (« Première Information »).
Les États-Unis avaient imposé leurs premières restrictions à Belavia dès avril 2022. À l'époque, le département du Commerce avait interdit l'utilisation d'avions américains pour des vols à destination de la Biélorussie et de la Russie, dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine.
La compagnie n'ayant pas respecté cette interdiction, le département avait décidé, en juin 2022, d'interdire aux entreprises du monde entier de réparer les appareils de Belavia ou d'utiliser, de quelque manière que ce soit, des pièces détachées et des équipements américains pour assurer leur maintenance. En août 2023, les sanctions avaient été étendues à l'ensemble des activités de la compagnie.
Belavia figure par ailleurs toujours sur la liste noire de l'Union européenne. La compagnie y avait été inscrite à la suite de l'atterrissage forcé d'un avion de Ryanair en 2021.
Minsk avait alors affirmé que l'appareil faisait l'objet d'une alerte à la bombe. Mais après son atterrissage, les autorités biélorusses avaient arrêté Roman Protassevitch, rédacteur de la chaîne Telegram d'opposition Nexta, qui se trouvait à bord de l'avion. Celui-ci avait joué un rôle dans la coordination des manifestations ayant suivi l'élection présidentielle de 2020.