WASHINGTON ET TBILISSI ENVISAGENT UNE RELANCE DE LEURS RELATIONS

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4 Novembre 2026 09:30
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WASHINGTON ET TBILISSI ENVISAGENT UNE RELANCE DE LEURS RELATIONS

Cette semaine, le Premier ministre géorgien, Irakli Kobakhidze, a rencontré la nouvelle chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis en Géorgie, Courtney Ostrian. Les deux parties ont abordé les relations géorgo-américaines.

« Le Premier ministre a une nouvelle fois confirmé que la Géorgie était prête à rétablir son partenariat stratégique avec les États-Unis en repartant d’une page blanche. Irakli Kobakhidze a souligné le rôle important que Courtney Ostrian pourrait jouer dans ce processus », indique un communiqué diffusé par l’administration du gouvernement géorgien.

Il convient de rappeler que Courtney Ostrian connaît déjà bien Tbilissi : entre 2014 et 2020, elle a dirigé le service de presse de l’ambassade des États-Unis en Géorgie. Ainsi, Washington a choisi pour le poste de chargée d’affaires à Tbilissi une personnalité qui, d’une part, connaît bien le pays et qui, d’autre part, n’a pas été impliquée dans les activités de l’ambassade durant le pic de la « mobilisation révolutionnaire » de 2024, période au cours de laquelle l’administration de Joe Biden apportait un soutien sans équivoque à l’opposition.

Ce choix indique que Washington prend ses distances avec la stratégie de l’administration précédente, qui visait à écarter du pouvoir le parti au pouvoir, le « Rêve géorgien ».

Les États-Unis ont manifestement intérêt à renouer au plus vite leurs relations avec la Géorgie, et plus précisément avec les autorités qui ont démontré leur capacité à maintenir la situation intérieure sous contrôle dans un contexte géopolitique particulièrement difficile. De ce point de vue, le gouvernement du « Rêve géorgien » convient aujourd’hui à Washington.

Il apparaît désormais clairement que l’administration de Donald Trump n’a absolument pas l’intention de consacrer du temps et des ressources à une « révolution » en Géorgie. Plusieurs raisons objectives expliquent cette position.

Premièrement, les perspectives de l’affrontement militaire avec l’Iran restent encore incertaines pour Washington. La paix est loin d’être acquise au Moyen-Orient. Dans ces conditions, les États-Unis ont tout intérêt à éviter l’apparition d’un nouveau foyer de tensions dans une région aussi stratégique pour le transit que le Caucase du Sud, et notamment le corridor médian. Une déstabilisation pourrait, de surcroît, entraver la mise en œuvre du projet « Route Trump », auquel l’actuelle administration accorde une importance particulière.

Deuxièmement, la Maison-Blanche voit manifestement d’un mauvais œil les tentatives de l’Union européenne de jouer un rôle déterminant dans le dossier de la guerre russo-ukrainienne, en favorisant notamment sa prolongation. L’administration Trump est mécontente de constater que les autorités de Kiev semblent davantage disposées à écouter Bruxelles que Washington. À la Maison-Blanche, on ne souhaite donc pas voir apparaître à Tbilissi, en plus de Kiev, des autorités tout aussi « pro-européennes ».

Les États-Unis souhaitent manifestement renouer rapidement leurs relations avec la Géorgie, et plus précisément avec les autorités qui ont démontré leur capacité à maintenir la situation sous contrôle dans un contexte géopolitique difficile.

Dans le même temps, l’Union européenne a intérêt à élargir le périmètre géographique de la guerre en Ukraine afin de l’éloigner temporairement des pays européens limitrophes de la Russie. À Bruxelles, on continue par ailleurs de miser sur l’arrivée au pouvoir d’une opposition radicale « pro-européenne » en Géorgie. C’est pourquoi aucune initiative concrète n’est prise en vue de rétablir les relations avec le gouvernement géorgien actuel.

Pour Bruxelles, la perspective d’un « second front » n’a rien perdu de son actualité par rapport aux premières années de la guerre russo-ukrainienne ; elle a même gagné en importance.

Le fait que cette guerre puisse interrompre les voies de transit et l’accès à l’Asie centrale préoccupe beaucoup moins les dirigeants européens que la Maison-Blanche. La raison est simple : l’Union européenne ne dispose pas, de son côté, de projets de transit aussi prometteurs.

C’est ce qui explique les divergences entre Bruxelles et Washington quant à la relance des relations avec Tbilissi.

Ainsi, si les critiques américaines à l’encontre du gouvernement du « Rêve géorgien » ont pratiquement cessé et qu’aucun nouveau reproche ne lui est désormais adressé, on ne peut certainement pas en dire autant de l’Union européenne. À Bruxelles, on ne manque toujours aucune occasion d’exprimer publiquement son mécontentement à l’égard de la politique indépendante menée par les autorités géorgiennes.

Par Vakhtang Djokhadze