Il dévoilera des "mesures très concrètes, avec des clauses de revoyure précises et rapprochées pour s'assurer de leur exécution", a ajouté la présidence, sans en détailler la teneur.
Signe du caractère prioritaire accordé à la crise qui frappe l'hôpital mais aussi la médecine de ville, c'est la première fois depuis qu'il est arrivé à l'Elysée en 2017 qu'Emmanuel Macron dédie une cérémonie de vœux spécifiquement aux "acteurs de la santé, hospitaliers et libéraux".
Pour l'occasion, il s'est rendu ce matin au Centre hospitalier Sud Francilien (CHSF) en banlieue parisienne. Accompagné du ministre de la Santé François Braun, après avoir visité les urgences pédiatriques, soumises comme ailleurs en France à des tensions extrêmes ces derniers mois, il a précisé sa politique en matière de santé.
"Il y a des demandes qui existent et qui ont leur part de légitimité et qu’il faut entendre". "Il y a aussi une situation à laquelle on doit tous faire face et une responsabilité collective pour que nos compatriotes aient aussi des soignants et puissent trouver pour eux-mêmes, leurs enfants, leurs parents une réponse". "On va essayer de faire tout cela avec engagement, respect, intelligence", a-t-il déclaré devant le personnel de l'hôpital.
Répondant au sujet des inquiétudes des Français en matière de santé, Emmanuel macron a cherché à rassurer :
"La santé n'est pas simplement une politique publique parmi d'autres". Conscients que les Français sont soucieux d'"être reçus, soignés dans les meilleurs délais", le chef de l'Etat a expliqué vouloir "sortir cette crise sans fin. "Je vais essayer de bâtir des actions de court et de long terme", a-t-il ajouté. "Ce ne sont pas simplement des voeux mais des engagements dans la durée"
Reconnaissant que "à la tête des hôpitaux : il faut un tandem administratif et médical" et qu' "Il faut sortir de la tarification à l'activité dès le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale, pour aller vers une rémunération basée sur des objectifs de santé publique", Emmanuel Macron admet à demi-mot que la réforme opérée par son mentor Nicolas Sarkozy avait été une erreur. Il ajoute qu'il compte "remettre à plat le système" actuel.
"Il n'y a pas de recette miracle pour répondre aux erreurs du passé. Tout ce que je dis là, on va mettre une décennie à le mettre en oeuvre. La solution pour bâtir l'avenir, elle est dans la coopération entre personnel administratif et soignants, soignants et paramédicaux, et entre la ville et l'hôpital", "Notre objectif de court terme est de dégager du temps aux soignants. Pour le long terme, c'est avoir une médecine qui prévient mieux".
Constatant que l'Hexagone a perdu 6.000 généralistes , Macron propose d'augmenter le nombre d'assistants médicaux, qui pourraient passer d'environ 4.000 aujourd'hui à 10.000 d'ici à la fin de l'année prochaine".
Pas sûr que cela suffise à rassurer le corps médical. Jeudi soir, l'Ordre des médecins ainsi qu'une dizaine de syndicats de médecins libéraux et hospitaliers ont publié un communiqué commun pour alerter sur « l'extrême vulnérabilité de notre système de santé » précisant que « les médecins hospitaliers et libéraux sont très inquiets pour les patients ».
Le syndicat FO Santé a déposé un préavis de grève pour « dénoncer les conditions de travail inacceptables » et obtenir « un changement radical de la politique de santé »..