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"Le but de l'argumentation ne doit pas être la victoire, mais le progrès"

Joseph Joubert (1754-1824)

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IRAK : LE KURDISTAN RATTRAPÉ PAR LE CHAOS POLITIQUE

12 Août 2022 08:22 (UTC+01:00)

Samedi 6 août, des rassemblements anti-pouvoir, organisés dans les principales villes de la région, ont été violemment dispersés à coups de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre, notamment à Souleimaniye.

Six députés et un élu local du Parlement régional ont été interpellés avant d’être libérés au bout de quelques heures. Ils ont la particularité d’être tous élus sous l’étiquette "Nouvelle génération", le parti d’opposition de l’homme d’affaires Shaswar Abdulwahid, auteur de l’appel à manifester pour exiger l’amélioration des conditions de vie et appeler à la tenue des élections régionales à la date prévue. Selon le mouvement, 40 de ses membres ont été arrêtés sur un total de 600 personnes interpellées.

En outre, "au moins 60 journalistes ont été ciblés par les forces de l’ordre" lors de ces manifestations, selon l’ONG Reporters sans frontières. Sur les 26 interpellations de journalistes, "au moins 10 concernent à elles seules des journalistes de la chaîne de télévision NRT, dont Shaswar Abdulwahid est le propriétaire", précise RSF dans un communiqué publié le 9 août.

Nervosité apparente des autorités locales

Ces événements, qui trahissent une certaine nervosité du pouvoir kurde partagé entre le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), les deux grands partis historiques, ont provoqué de vives réactions du côté des partenaires occidentaux de la région autonome.

Ainsi l’ambassade américaine à Bagdad, a exprimé, le 8 août, son "inquiétude" face au recours à la violence des forces de sécurité et exhorté les autorités locales à "réexaminer ces actions et à réaffirmer les rôles vitaux qu'une presse libre, des rassemblements pacifiques, et l'État de droit jouent en démocratie".

Une inquiétude partagée par plusieurs pays européens, dont la France, qui a appelé, via un communiqué publié le 7 août par son consulat général à Erbil, le gouvernement régional du Kurdistan irakien (GRK) "à faire prévaloir les libertés publiques".

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